• Le calme est-il revenu à Tarnac ?  

Oui, un peu, il est vrai que les dernières semaines ont été plutôt agitées. Vous savez, ici c’est un petit village de 350 habitants, tout le monde se connaît, et ces jeunes gens, on les voyait tous les jours. Nous sommes tous tombés des nues au vu de ce déploiement de forces de Police et de tous ses journalistes, dont certains étaient même arrivés la veille des arrestations.  

• Les habitants sont-ils toujours solidaires des suspects ?  

Tout à fait. Ici, 98 % des habitants sont solidaires et ne veulent pas croire à toutes ces accusations. Lors des manifestations de soutien de ces derniers jours, il y a eu une mobilisation exceptionnelle à Tarnac. Et tous les jours, les habitants viennent nous trouver pour demander des nouvelles. C’est le sujet permanent. L’immense majorité des gens sont outrés, car ils s’étaient attachés à eux.  

• Vous les aviez accueillis… ?  

Ah oui, comme tout bon maire qui se respecte. J’ai vu de suite que j’avais affaire à des gens intelligents et très prévenants. Ils cherchaient une veille ferme, ils en avaient marre de la vie parisienne. Tous les jours, ils venaient chez moi, emprunter des outils pour le jardin, les filles venaient avec ma femme pour la cuisine et pour tricoter. Dans ces conditions, vous comprendrez que cette affaire nous semble montée de toutes pièces. Certes, ils avaient leurs idées, mais de là à les traiter de terroristes.  

• Vous attendez leur remise en liberté ?  

Et comment ! Croyez bien qu’en cas de libération, il y aura une fête retentissante dans le village. Ils sont ici chez eux.