Quel est l’objectif des négociations qui s’ouvrent aujourd’hui à Poznan ?
Le véritable enjeu est que les décideurs des 190 pays réunis s’engagent collectivement à consacrer l’année 2009 à la négociation finale du traité qui succédera au traité de Kyoto dont la première période d'engagement expire en 2012. Jusqu’à maintenant, beaucoup d’idées ont été émises pendant les discussions. Il s’agit désormais de passer de la course de fond au sprint final qui devra aboutir à un texte de traité d’ici à la prochaine réunion qui aura lieu fin 2009 à Copenhague.
Concrètement, quels sont les sujets à l’ordre du jour?
Politiquement, l’ambition est d’arriver à ce qu’on appelle une « vision partagée » par les 190 pays de ce que nous allons faire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et sur la coopération à mettre en place pour un développement sobre en carbone. A côté des engagements des pays riches pour la réduction de leurs émissions, il faut aussi discuter de l’organisation de l’adaptation au réchauffement climatique. En dépit des efforts qui seront réalisés, les conséquences du réchauffement ne pourront pas toutes être évitées. Enfin, dans ce contexte de crise, les gouvernements vont également examiner comment la lutte contre le réchauffement climatique - qui est indispensable-, peut être un moyen efficace pour rétablir l’économie mondiale sur des bons rails.
Parmi les sujets plus « techniques », le rôle de la place de la forêt dans le prochain accord international sera à l’ordre du jour. On est tous d’accord sur la nécessité d’adopter une approche exhaustive de la foresterie. Autre sujet de débat est l’argent. Qui va gérer les fonds mis à disposition, qui va payer, comment organiser un système qui soit à la fois efficace et équitable ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles nous essaierons de donner une réponse.
Les pays émergents accepteront-ils de s’engager dans des réductions chiffrées de leurs émissions ?
C’est un sujet qui sera plutôt à l’ordre du jour l’année prochaine. Il faudrait que les cinq grands pays émergents (Inde, Chine, Brésil, Mexique et Afrique du Sud) s’engagent d’abord dans le sens d’une réduction de la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre, avant d’aller dans le sens de réductions absolues. Chacun s’y prépare déjà, mais ils n’acceptent pas de s’engager sans contrepartie des pays développés.
Les 11 et 12 décembre, les 27 ministres de l’UE se réuniront à Poznan pour trouver un accord sur le paquet Climat-énergie. Cette superposition de négociations, pose-t-elle problème ?
Nous sommes effectivement suspendus aux résultats de ces négociations communautaires, même si les engagements de l'Union européenne pour 2020 sont déjà connus. C’est en effet dans le cadre de l’accord Post 2012 que l’Union européenne négocie actuellement le Paquet Energie Climat. Il vise à répartir entre les Etats membres les objectifs de réduction d’émissions issus de l’engagement européen de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’UE de 20% entre 1990 et 2020, et jusqu’à 30 % en cas d’accord international. Les négociations entre Etats Membres doivent déboucher sur des solutions concrètes lors de ce Conseil Européen Nous ne saurons qu’à la fin du film si les 27 trouveront un accord. Dans tous les cas, nous l’espérons.
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Mis à jour 01-12-2008 14:42
Négociations climat: "Il faut passer au sprint final"
Interview de Brice Lalonde, ambassadeur climat à Poznan pour le gouvernement français.

Brice Lalonde. Photo : N.L/METRO
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