Quinze jours après leur incarcération, quatre des neufs suspects, soupçonnés d’avoir commis des dégradations sur des caténaires SNCF, seront fixés cette après-midi sur leur demande de mise en liberté. Mis en examen pour dégradations et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, Gabrielle, Manon, Benjamin et Julien sont présentés par le parquet, comme le " noyau dur " d’une organisation d’extrême gauche.

" Instrumentalisation "
" Nous avons eu le droit à un rouleau compresseur politico médiatique qui s’est chargé de condamner à l’avance mes clients " expliquait ce lundi à Metro Irène Terrel, avocate des quatre suspects.

Le 11 novembre dernier, neuf personnes âgées de 22 à 34 ans étaient arrêtées à Tarnac, soupçonnées de plusieurs sabotages sur des caténaires SNCF. Du côté de l’accusation, les preuves formelles sont bien difficiles à produire. On évoque de forts indices, comme des écrits retrouvés lors des perquisitions et la présence, au moment des faits, de cinq suspects à proximité des lignes sabotées.

" Les accusations sont disproportionnées, et cette affaire totalement instrumentalisée » poursuit Irène Terrel. " Les permis de visite ont tous été refusés aux parents et je n’ai toujours pas la copie de la procédure. Dans ces conditions, comment défendre équitablement mes clients " s’insurge l’avocate.

Du côté du parquet de Paris, on explique que ces décisions " sont du ressort du juge d’instruction ", mais " que des retards peuvent se produire, car il n’y a pas un greffier derrière chaque dossier ".