Le jeu du " petit pont massacreur " est-il courant ?
Il fait partie des 90 jeux recensés dans les cours d’école françaises. D’après l’enquête que la TNS Sofres a réalisée pour SOS Benjamin, en 2007, 41% des enfants de primaire, 38% des collégiens et 17% des lycéens ont joué à des jeux dangereux. Les enfants cachent ces jeux aux adultes qui, la plupart du temps, ne les connaissent pas. Les enfants se concertent et, au signal de départ, se ruent sur leur victime, qui change d’un jour à l’autre. Mais généralement, les victimes acceptent de participer au jeu, elles sont volontaires.

Pourquoi ?
Les enfants sont à la recherche de sensations fortes, nouvelles. Et puis ils ne veulent surtout pas passer pour des mauviettes, des " kekos ", en se défilant. Donc ils acceptent de se faire passer à tabac, même si le jeu ne leur est pas présenté comme ça et qu’on leur dit « tu vas voir, c’est un jeu rigolo». Ils n’ont pas conscience des risques.

Une victime se transforme-t-elle ensuite en agresseur ?
C’est souvent le cas, car ceux qui ont vécu ces violences pensent qu’il est important pour eux de faire mal à leur tour, pour ne pas rester sur un échec, pour ne pas garder une mauvaise estime de soi. On peut même parler de vengeance.

Les jeux dangereux ont-ils toujours existé ?
Oui. A leur entrée dans l’adolescence, les enfants ressentent souvent le besoin de se faire une place dans le groupe, et ils vont passer par des épreuves, des rites de passage. Mais aujourd’hui, ces jeux vont beaucoup plus loin.

Comment naissent ces nouveaux jeux ?
Difficile à dire, mais ils circulent aux quatre coins du monde en très peu de temps grâce aux messageries instantanées, aux blogs, aux forums… Du jour au lendemain, un jeu peut faire son apparition dans une cour de récréation. 

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