Des jeux bêtes et méchants. Si du moins on peut vraiment parler de " jeux " quand un groupe d’enfants se rue sur un de leurs camarades et le passent à tabac, " pour rigoler ". Yvane, 12 ans, élève de cinquième au collège René-Descartes au Havre, n’a pas voulu jouer au " petit pont massacreur ", qui consiste à lancer un objet entre les jambes d’un joueur qui, s’il ne le rattrape pas, devient la victime et est alors roué de coups par les autres joueurs.
Pour avoir refusé de participer, " six à sept élèves " selon le rectorat, ont fait un croc en jambes à Yvane avant de le tabasser. La scène, révélée lundi par une source policière, s’est produite dans les vestiaires du collège, à l’issue d’un cours d’éducation physique, le 21 novembre.
Yvane a été victime d’un traumatisme crânien. Son corps était couvert d’hématomes. Aujourd’hui, il n’ose plus retourner à l’école. Ses parents ont porté plainte pour violences volontaires en réunion et plusieurs élèves ont été entendus par la police. " Des sanctions disciplinaires seront prises par le chef d’établissement ", précise-t-on au rectorat.
D’après une enquête TNS Sofres menée auprès des 7-17 ans, la France comptait un million d’enfants joueurs en 2007, soit 12% de cette tranche d’âge. Cette même année, deux millions d’enfants ont été sollicités pour participer à des jeux dangereux.
Les associations de parents d’enfants victimes expliquent ces chiffres étonnement élevés par le fait que ces jeux se pratiquent hors du contrôle des adultes, et leurs conséquences sont habituellement interprétées comme des accidents ou des suicides.
Au ministère de l’Education nationale, on préfère rester " prudent sur les statistiques " et on rappelle qu’une brochure a été distribuée en avril 2007 aux adultes de la communauté éducative pour les informer sur le phénomène.
Une note en forme de piqûre de rappel a même été envoyée aux recteurs le mois dernier. " Mais les jeux dangereux ne s’arrêtent pas à 16h30 ", précise-t-on dans l’entourage de Xavier Darcos. " Ils ont aussi lieu le soir, le week-end, pendant les vacances ". La pratique de ces jeux entraîne la mort chaque année d’une dizaine d’enfants en France, principalement en dehors de l’école.
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