Le bras de fer se poursuit en Guyane à propos du prix de l’essence. Malgré l’annonce samedi d’un arrêté concrétisant la baisse de 30 centimes du litre de carburant à la pompe à partir de ce lundi dans le département, les grévistes n’entendent pas lever les barrages en place depuis une semaine.

“Nous restons sur notre position d'une baisse de 50 centimes”, a déclaré Dominique Mangal, président de l'Union guyanaise des transporteurs routiers, chef de file du mouvement de protestation.

“Ça reste bon enfant”
Depuis une semaine, syndicats de transporteurs et particuliers protestent contre le prix du carburant. L’essence a atteint 1,77 euro le litre au 1er novembre. “Le prix de l’essence augmente depuis juillet, alors que le prix du baril ne cesse de baisser”, explique Jean-Claude Bordes, en préretraite à Matoury, près de Cayenne.


Pour l’instant, la population est solidaire. “Je dois laisser ma voiture au barrage, puis attendre qu’on vienne me chercher pour pouvoir rentrer chez moi, explique Martine Pénélope, cadre infirmière à Cayenne. Pour l’instant, ça reste bon enfant : le mouvement ressoude les liens entre les gens.”


Mais la situation pourrait rapidement se détériorer. Déjà, le tir d'Ariane 5, qui devait avoir lieu le 10 décembre à Kourou, a été reporté au 16 décembre. L'aéroport international a été fermé aux vols commerciaux. Et surtout, “depuis que le port est bloqué, les magasins ne sont plus approvisionnés et nous pourrions rapidement manquer de produits de première nécessité”, explique Martine Pénélope.

Un appel des élus
Alors que les élus du département ont commencé à se réunir à huis clos, dimanche, huit partis politiques, dont l'UMP Guyane et le Parti socialiste guyanais (PSG), ont demandé à Nicolas Sarkozy de prendre “toutes les décisions nécessaires à l'aboutissement de la juste demande du peuple guyanais”. Car certains, comme Arnaud, collégien privé d’école depuis une semaine, pourraient commencer à “en avoir marre”.