La réunion des ministres du Logement de l’Union européenne s’ouvre ce matin au palais du Pharo pour trois jours. Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville ouvrira les débats, la France assumant actuellement la présidence de l’Union.
C’est pour mettre la pression sur les responsables de toute l’Europe qu’une manifestation s’est déroulée samedi à l’appel d’une vingtaine de partis de gauche et d’associations. Malgré le mistral, plusieurs centaines de personnes ont défilé, et l’on a pu compter dans les rangs de nombreux militants venus de plusieurs pays européens. Parmi les figures emblématiques, Jean-Baptiste Eyraud, le porte parole du DAL (Droit au logement), a notamment expliqué que le choix de Marseille pour la tenue de la réunion des ministres européens était particulièrement symbolique. Selon lui, “c’est la ville où la spéculation immobilière bat son plein”.

Les squatteurs acclamés
Au cours de la mar­che, les manifestants ont réservé des acclamations aux squatteurs installés 69, rue de la Répu­bli­que et à leur banderole proclamant : “Ils investissent, nous aussi.”
Du côté des politiques, le maire communiste de Gardanne, Roger Meï, a demandé un rendez-vous avec Christine Boutin pour évoquer l’application de la loi SRU (qui oblige les villes à se doter d’au moins 20% de logements sociaux) et la mise en œuvre des pénalités pour les communes en infraction. “Beaucoup de mai­res ne veulent pas de pauvres sur leur territoire et les villes qui font des efforts comme Gar­danne (25% de HLM) sont sous pression”, a dénoncé Ro­ger Meï.

Solidarité avec les Roms
Alors que le cortège s’ébranlait à la porte d’Aix, la Fon­dation Abbé Pierre, Médecins du monde et l’association Ren­contres tsiganes ont installé des extincteurs, des sa­nisettes et des caisses à eau sur le terrain d’une vieille bastide, traverse de Gibraltar, dans le IIIe arrondissement. La bâtisse est occupée par une cinquantaine de Roms, dont vingt-deux enfants qui logent sans eau ni électricité depuis août. “Nous faisons de l’assistance à personnes en danger”, a expliqué Fathi Bouaroua, le directeur régional de la Fondation Abbé Pierre.