Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : des substances chimiques pré­sentes dans notre environnement sont responsables d’une baisse impor­tante de la fertilité chez les hommes. On les appelle des perturbateurs endocriniens, et ils interfèrent avec le fonctionnement des hormo­nes. Con­tenues dans les pesticides, dans les plastiques (phtala­tes) ou dans les cosmétiques (parabens), ces molécules sont partout.

“Des preuves avérées”
Pour faire avancer la recherche et anticiper les réglementa­tions à venir, le ministère de l’Environne­ment organise le 25 novembre un colloque européen intitulé “Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant”. Les scientifiques ont présen­té hier leur programme et quelques chiffres alarmants. “On a des preuves avérées des liens entre la fertilité et l’environnement”, constate le profes­seur Alfred Spira, directeur de l’Institut de recherche en santé publique. Dans les pays développés, la production de spermato­zoïdes a diminué de moitié en 50 ans. Les études montrent également un doublement depuis trente ans du cancer du testicule, qui touche les hommes jeunes, ainsi qu’une augmentation de l’incidence de la cryptorchidie, le phéno­mène de non-descente des testicu­les, chez le petit garçon. Enfin, on constate un raccourcisse­ment de la distance entre l’anus et le scrotum, une mesure qui serait indice de féminisation de l’espèce. Ces données ajoutent une pièce au puzzle — des liens entre santé et environnement — que les scientifiques tentent de recomposer...