"Une exposition fascinante, à la fois artistique et éducative" : c'est en ces termes que les organisateurs de la sulfureuse exposition "Our body à corps ouvert" présentent la manifestation établie depuis hier (et sans limitation de durée) au Palais des arts (VIIIe). C'est pourtant moins pour ses qualités "artistiques et éducatives" que pour la controverse qu'elle a suscitée lors de son passage à Lyon que l'exposition a fait parler d'elle avant même de s'installer à Marseille. Une pétition avait circulé sur Internet, à l'initiative d'universitaires qui "s'inquiétaient de l'origine des corps". La Cité des sciences de la Villette, à Paris, avait, quant à elle, décidé de ne pas programmer "Our body", en raison des réserves émises par le Comité national d'éthique à son sujet (voir encadré).
Hier matin, jour de l'ouverture de la manifestation, les commentaires des spectateurs présents dénotaient surtout de la curiosité et de l'étonnement. La scénographie, avec des organes exposés en vitrine et des corps écorchés dans des postures rappelant celles de sportifs, y est pour beaucoup, en donnant à l'ensemble un côté déshumanisé.
Un sentiment de malaise
Les corps et les organes sont en effet plongés dans du formol, puis de l'acétone afin de les déshydrater avant d'être immergés dans du polymère liquide qui les fige en séchant, et leur donne cet étrange aspect de vrais-faux écorchés. Certaines pièces provoquent pourtant un sentiment de malaise, comme cette peau prélevée et séchée de la face antérieure d'un homme, qui rappelle le tannage des peaux humaines réalisé par les nazis dans les camps d'extermination.










































