Mis à jour 31-10-2008 09:34
Dénonciation et indignation
Une femme sans papiers a été dénoncée par un fonctionnaire

“Je ne savais pas que c’était un délit de vouloir inscrire mon enfant à l’école.” Nancy M.
Photo : AFP
Nancy M, une Equatorienne sans papier, est ressortie libre hier matin du commissariat où elle était convoquée pour le motif suivant : “Inscription de votre enfant à l’école et situation alors irrégulière en France”. En juillet dernier, elle avait été signalée à la police par un fonctionnaire de la mairie du Ve arrondissement de Paris, alors qu’elle venait d’inscrire son enfant à l’école.
Ecole obligatoire
“Elle a passé près de deux heures à l’intérieur. Nous étions très inquiets. Heureusement, elle n’a pas été placée en garde à vue”, indiquait hier Françoise Haaf, de RESF. En 2002, Nancy M avait déjà fait une demande de régularisation, mais, bien qu’elle remplisse tous les critères, son dossier avait été rejeté. Cette fois, grâce à la médiatisation de l’affaire et au soutien des associations, elle pourrait obtenir satisfaction et ne plus être menacée d’expulsion. “Dans la mesure où elle n’a pas été gardée à vue, il n’y a pas de raison pour que son dossier ne recueille pas une réponse favorable puisqu’il y a tout ce qu’il faut dedans”, déclarait hier Bénédicte Kermadec, du Collectif 12.
Obligation scolaire
Dès mercredi, le maire de Paris avait fait part de son indignation, indiquant qu’une enquête administrative serait diligentée afin d'établir les responsabilités de chacun. “Je rappellerai à tous les agents concernés que les données recueillies auprès des parents ne doivent en aucun cas comporter de mention relative à la régularité du séjour qui ne rentre pas dans la procédure d'inscription à l'école” avait ajouté Bertrand Delanoë. Hier, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a réclamé une “sanction exemplaire” contre l’employée municipale qui a dénoncé Nancy.






