Christiane Daugimond se bat depuis plus de sept ans pour connaître les causes du décès de sa sœur Eliane, âgée de 64 ans, en 2001, à l’hôpital de Gonesse. Elle comparaîtra aujourd’hui au tribunal de Pontoise pour “diffamation publique” envers le centre hospitalier de Gonesse pour avoir, le 17 avril 2007, diffusé un tract contenant la phrase : “Christiane veut lever les doutes sur la mort de sa sœur.”
Pansement sur le thorax
Eliane est admise à l’hôpital de Gonesse en janvier 2001 pour une douleur au mollet. Elle y décède le 13 février de la même année. Aucune explication claire n’est donnée à la famille sur les causes de son décès. Anémie, leucémie, pneumopathie… plusieurs affections sont invoquées. La famille porte alors plainte pour homicide involontaire, convaincue qu’il s’agit d’une erreur médicale. “Ma sœur avait un pansement recouvrant tout le thorax, comme si elle avait été opérée. On n’a jamais su pourquoi”, explique Christiane Daugimont. Autre fait troublant : l’encéphalogramme était plat dès le 9 février, l’acte de décès a été signé le 13 février, mais il est daté du 9 !
Exhumations et autopsies
L’autopsie pratiquée en 2001 révèle des failles : l’ouverture à l’épaule n’est pas mentionnée, la peau est blanche, alors qu’Eliane est antillaise. Par ailleurs, ni le poids ni la taille mentionnés ne correspondent à ceux d’Eliane. En 2003, la famille obtient que le corps d’Eliane soit exhumé. Convoquée pour identifier le cadavre, Christiane est sous le choc : dans le cercueil, qu’elle n’a pas reconnu comme étant celui de sa sœur, elle découvre “des bouts de graisse, de la chair fraîche et une cage thoracique qui ne pouvait être que celle d’un enfant”. Christiane est persuadée qu’un trafic d’organes se cache sous ces horreurs : les cercueils changent de place, d’autres disparaissent, comme celui du fils d’Eliane, enterré en 1989, qui n’est plus dans le caveau… Une nouvelle plainte est déposée par la famille, pour substitution de cadavre.
Le 20 juin 2007, le corps est à nouveau exhumé. Les proches sont catégoriques : ni le cercueil ni les restes humains qui s’y trouvent ne sont ceux d’Eliane. La famille a déposé trois plaintes, la dernière pour faux et usages de faux. C’est elle qui sera finalement condamnée, le 3 janvier 2008, à 15 000 euros d’amende, pour “procédure abusive”.



































