Mis à jour 28-10-2008 08:31
"Une facon de réagir à l'absurdité du système"

Les Lettres de non-motivation de Julien Prévieux.
Photo : DR
En 2000, après des mois de recherches d’emplois infructueuses, ce jeune diplômé des Beaux-Arts a eu l’idée d’adresser à ses hypothétiques employeurs des lettres de non-motivation. Pendant une période de sept ans, Julien Prévieux a envoyé plus de 1 000 lettres complètement délirantes en
expliquant à chaque fois pourquoi il ne désirait pas travailler pour l’entreprise concernée.
Se rire du système de l’embauche, froid et impersonnel, tel a été le pari de Julien Prévieux. Entretien.
Quelle est l’idée de départ du projet ?
L’idée m’est tout simplement venue en étant “victime” de réponses automatiques lorsque je cherchais du travail. Elle fait aussi écho à un autre travail, qui consistait à postuler bénévolement à des postes pour lesquels on est habituellement payé.
Comment s’est effectuée la sélection des annonces ?
J’ai voulu répondre à toutes les annonces au hasard pour pouvoir jouer tous les rôles possibles du refus.
Que vouliez-vous dénoncer avec ces lettres ?
Le but était de démontrer que le jeu de l’embauche met en scène une forme de fausse politesse dont personne n’est dupe. Montrer l’impersonnalité qui se dégage des réponses automatiques. C’est aussi une façon de réagir à l’absurdité de ce système par une démarche encore plus absurde qui permet de reprendre la main sur ce moment difficile de l’embauche.
Est-il possible d’échapper au jeu social que vous dénoncez ?
On est obligé de négocier avec sans forcément l’accepter. On peut le critiquer et essayer de le modifier. Et même si au final le constat est assez tragique, l’art permet tout de même de le mettre à distance et de le tourner en dérision.
» Les Lettres de non-motivation. Ed. Zones-La Découverte.






