Au treizième étage de l’université anglophone de Concordia, de drôles de vers de terre font leur fête aux déchets organiques pour produire du compost. Ce sont les étudiants du groupe de travail R4 (repenser, réduire, réutiliser et recycler) qui ont eu l’idée d’expérimenter dès 2003 le vermicompostage pour le compte de leur propre université.


“Aujourd’hui, la matière organique part à l’enfouissement, la ville de Montréal s’est fixé l’horizon 2018 pour réaliser la collecte, il fallait agir tout de suite”, raconte Louise Hénault-Ethier, responsable du projet R4 compost.

Un cylindre qui chauffe
Après avoir décroché sa maîtrise en sciences interdisciplinaires, Louise a poussé plus loin le projet pour traiter cette fois l’autre partie du campus, située à une quinzaine de kilomètres de la ville. “On a fait l’acquisition d’une machine qui nous permet de produire 50 tonnes de compost à partir de 100 ton­nes de déchets au lieu 1,5 tonne avec le premier système”, raconte Louise. Plus question, cette fois, de vers de terre. Le procédé développé par une entreprise québécoise repose sur un grand cylindre qui tourne sur lui-même. Les déchets chauffent à 65 degrés, ce qui tue les bactéries potentiellement. patho­gènes. Contrairement au vermicompostage, qui ne traite que les végétaux, ce cylindre permet de réduire en compost des arêtes de poisson ou des carcasses d’animaux.
Pour financer ce projet qui a vu le jour en septembre, les étudiants sont mis à contribution : 25 cents sont ajoutés à leurs frais de scolarité pour le compte d’un fonds d’initiative de développement durable. L’enveloppe globale atteint 120 000 dollars par an. Résultat, Concordia est l’université la plus en avance sur le recyclage du compost, qui sert ensuite d’engrais.


L’exemple fait des émules. D’autres universités empruntent le même chemin. Et les étudiants sont sensibilisés à fabriquer leur compost chez eux. Cerise sur le gâteau, Louise est parvenue à créer son propre emploi, assistée par deux étudiants à temps partiel.