Un gardien de la paix de 26 ans et un sous-brigadier de 38 ans soupçonnés d’avoir porté des coups à Abdoulaye Fofana, 20 ans, le 14 octobre à Montfermeil (Seine-Saint-Denis) ont été placés mardi en garde à vue dans les locaux de l’IGS (la police des polices) à Paris.

Ils sont suspectés d’être les policiers que l’on voit, dans une vidéo filmée par un témoin, asséner à Abdoulaye Fofana des coups de crosse de flash-ball et de matraque dans le hall de son immeuble.

Tabassé dans le hall
Mardi 14 octobre, à 22 heures, des policiers se rendent au domicile d’Abdoulaye Fofana pour l’interpeller. Ils pensent avoir identifié le jeune homme comme étant un de ceux qui, une heure avant, avaient jeté des projectiles sur un véhicule de police à la suite d’échauffourées. Après lui avoir passé les menottes, les forces de l’ordre l’auraient, selon les images, tabassé dans le hall de l’immeuble.

Deux versions s’opposent aujourd’hui. Les policiers affirment avoir identifié le jeune grâce à une
paire de baskets blanches qu’il portait. Ils ajoutent que c’est Abdoulaye qui a fracassé la porte de son domicile.
 

Abdoulaye, soutenu par sa famille, nie les faits. Ce mardi, il regardait le match de foot opposant la France à la Tunisie dans sa chambre. Les policiers ont alors défoncé la porte, l’ont menotté, descendu dans le hall et frappé violemment, l’un des coups à la tête entraînant même une perte de
connaissance. Ce soir-là, ses baskets étaient à dominante vert et violet…
 

Après 48 heures de garde à vue, le jeune homme a été déféré au Parquet de Bobigny vendredi matin, avant d’être libéré et placé sous contrôle judiciaire jusqu’à sa comparution, le 10 décembre, pour jets de projectiles sur des forces de l’ordre.

Rester prudent
Depuis sa mise en ligne, la vidéo a été consultée des centaines de fois. La plupart des syndicats de police n’ont pas souhaité commenter l’affaire, préférant “rester prudents”. “Il faut resituer ces événements dans un contexte de violences urbaines quasi quotidiennes, avec des policiers sous
tension, et une hiérarchie qui les envoie au ‘casse-pipe’”, a indiqué mardi Yannick Danio, de l’Unsa-Police. 


Selon nos informations, les deux policiers devraient être présentés à un juge mercredi matin. Le ministère de l’Intérieur indiquait mardi soir qu’ils feraient alors l’objet d’une suspension administrative