Karinna Moska­lenko, une avocate russe qui défend ses clients devant la Cour européenne des droits de l'homme, se dit victime d’une tentative d’empoisonnement. L'avocate, qui représente également la famille de la journaliste russe assassinée Anna Politkovskaïa, a affirmé mardi avoir découvert dans sa voiture des petites billes d’une substance ressemblant à du mercure.

“Toxicité quasi nulle”
L'enquête a été confiée hier par le parquet du tribunal de Strasbourg à la police judiciaire (PJ). Les enquêteurs devront “essayer de déterminer comment ce produit s'est trouvé dans le véhicule de la plaignante et vérifier si cette affaire a une nature pénale”, indique le procureur adjoint Claude Palpacuer dans un communiqué. “Selon un premier avis du laboratoire Chemtox, la petite quantité de produit découverte, si l'analyse devait confirmer qu'il s'agit de mercure, représente une toxicité quasi nulle”.

Pourtant, Me Moska­lenko a indiqué hier qu'elle “ne se sentait pas bien et souf­frait principalement de maux de tête”, précisant qu'elle attendait les résultats des analyses médicales. Me Moskalenko a cofondé en 1994 le Centre de la protection internationale de Moscou, une ONG qui s'est spécialisée dans la défense de détenus dans les prisons russes et les disparitions forcées en Tchétchénie. Si l'hypothèse d'une tentative d'empoisonnement était confirmée, l'affaire ne manquerait pas de rappeler l'empoisonnement mortel à Londres en 2006 d'Alexandre Litvinenko, ancien agent des services secrets russes devenu opposant du Kremlin. t.B avec afp