Mis à jour 21-10-2008 13:38
Pêle-mêle
Du rugby à la mode en passant par un Nobel… la sélection livre de la semaine.

Short Stories de Benoît Jeantet
Photo : DR

FashionGameBook de Florence Müller.
Photo : Assouline

Journal d'une année noire, J.M Coetzee
Photo : Seuil

Un monde sans fin de Ken Follett

Moins que parfait de Michel Farber
Photo : L'Olivier
Short Stories, Dernières nouvelles d'Ovalie
Benoît Jeantet
Editions Atlantica
106 pages ; 16 euros.
Short Stories, Dernières nouvelles d'ovalie, ou quand un fou de rugby prend la plume…
Voici une respiration dans la morosité ambiante. Il fait gris, il fait froid, il y a la crise, les journées raccourcissent, le travail s'allonge... Pour échapper à tout cela et aux autres responsabilités qui s'accumulent jour après jour, pourquoi ne pas lire Short Stories, dernières nouvelles d'Ovalie ?
Comme son titre en anglais, le berceau du rugby, le laisse imaginer, l'ouvrage de Benoît Jeantet rassemble 21 historiettes qui sentent bon le ballon ovale, les troisièmes mi-temps et le phrasé fleuri de ces guerriers de village qui mettent toute leur énergie à défendre les couleurs de leur équipe contre l'ennemi héréditaire, qu'il soit de la vallée d'à côté ou d'outre Manche.
Car il est ici question de rugby. De ceux qui y jouent et de ceux qui le vivent au bord du terrain ou depuis leur canapé. Benoît Jeantet est un passionné. Il respire le rugby au quotidien au travers de son blog, Rugbymane (http://rugbymane.blogspot.com), et en parle, avec le ton juste, dans ce livre.
Et on se dit qu'on prendrait bien un verre avec l'auteur, après une bonne rencontre France-Angleterre des familles, pour évoquer avec lui ses souvenirs de matches mythiques, ses anecdotes du café des sports ou encore la belle époque du curé-entraîneur Armengo. Car on ne peut douter qu'au moins certains des fragments de vie quotidienne qui donnent corps au livre n'aient pas été vécus.
"Le rugby est un sport de brutes joué par des gentlemen", disait le rugbyman australien Henry Blaha. Le rugby est aussi un des rares sports qui se raconte. La preuve avec l'essai transformé de Short Stories.
F.S.
Fashion Game Book. Histoire de la mode du 20e siècle
Florence Müller
Editions Assouline
368 p ; 30€
Après le ballon, du chiffon… Ou plutôt le beau linge du siècle dernier… Haute couture ou prêt-à-porter, design et phénomène culturel, ce beau livre, retrace bien plus qu’une histoire de la mode. Ere du temps, ère des modes et des tendances, que disent ou traduisent l’apogée du costume pour femme d’YSL, l’éternel petite robe noire ou encore l’essor de la mode masculine dans les années 1960 puis 1980 ?
Qui a dit : « Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir inventé le jean ? » ou encore « Les hommes créent souvent des modes aberrantes pour se venger des femmes ? ». De Bettina à Kate Moss, comment les mannequins sont-ils devenus des icônes de notre temps ? Testez vos connaissances en matière d’art de l’apparence ou de la dissimulation, à travers quelques 400 illustrations… Futile un peu certes… Mais tout aussi ludique et surprenant encore. A glisser dans votre sélection de Noël pour une Carrie Bradshaw en devenir. Accompagnez votre paquet de ce joli trait de Voltaire : « Le superflu, chose très nécessaire ».
M.M
Journal d’une année noire
John Maxwell Coetzee
Editions Seuil
192p ; 21,80€
Nouveau Coetzee pour cette rentrée. Et toujours la même ardeur, la même attente avant d’ouvrir le tout dernier livre du Nobel de littérature 2003. Gare, son dernier journal, s’adresse aux initiés. Non pas qu’il ne faudrait s’y laisser tenter. Mais qu’il vaudrait mieux pour qui ne connaît pas le grand romancier sud-américain, entamé son œuvre, avec « Disgrâce » ou pour rentrer dans le vif du sujet : « Elizabeth Costello » et ces fameux mots : «Je suis écrivain, marchande de fictions. Je n'entretiens que des croyances provisoires : des croyances immuables seraient des obstacles sur ma route. Je change de croyances comme je change de vêtements ou de logement, selon mes besoins.»
Déboussolé, le lecteur l’est ici à plus d’un titre. Un, la construction. Trois niveaux de « narration » sur la même page, séparés par un trait noir. Deux, le ton. Trois niveaux de narration donc… plusieurs « tons », à moins que ce ne soit style ou intrigue… Universitaire, amoureux, dispendieux ou verbeux. On se complait dans la noyade. Car tout compte fait de quoi s’agit-il donc ? Un écrivain australien d’origine sud-africaine, prénommé J.C (tiens donc) se disperse, se dénie, se désavoue, se renie. Musique, sport, littérature ou philosophie politique, il écrit sur tout à la demande de son éditeur. Mais ralenti par la maladie, l’homme déclinant pompeusement, il se voit obliger de confier la dactylographie de ses essais à sa jeune voisine. La muse, Anya. Ou celle par qui la pensée fuse, s’enlise et se dédit à mesure des sentiments éprouvés. Et la muse pense qui plus est… Amendement, retranchement, déni. Une lecture courage mais savoureuse, stylée et infiniment lettrée.
M.M
Un monde sans fin
Ken Follett
Editions Robert Laffont
1296 p ; 24,90 euros.
Un monde sans fin : Ken Follett ose la suite aux Piliers de la Terre
L'acteur britannique a vendu pas moins de 80 millions d'exemplaires de son livre Les Piliers de la Terre. Une bonne raison pour oser une suite. Une occasion aussi de ne pas réussir le même exploit. Alors que vaut cette suite ?
Un monde sans fin se déroule dans l'Angleterre du XIVème siècle. En 1327, quatre enfants sont les témoins de l'assassinat de deux soldats au service de la reine par un chevalier, qui enfouit enterre une mystérieuse lettre qui pourrait mettre à mal la couronne d’Angleterre. Un monde sans fin raconte la vie exceptionnelle et tourmentée de ces quatre enfants au destin unique.
On retrouve à bien des égards des similitudes entre ce nouvel opus et le premier, un peu comme si les mêmes personnages avaient été transposés deux siècles plus tard. Pour autant, les amateurs du genre, qui avaient adoré Les Piliers de la Terre, devraient apprécier Un monde sans fin. L'écriture de Ken Follett fait son effet : difficile d'arrêter de lire l'ouvrage en cours de route tant il sait tenir le lecteur en haleine page après page. Un peu comme un bon film d'action. A ce sujet, on se demande quand il y aura une transposition à l'écran, après un tel succès en librairie.
F.S.
Moins que parfait
Michel Farber
Editions de l’Olivier
286 p ; 21€
Détente, légèreté… « Drôle de monde que celui de Michel Farber. Un monde où les solitaires, les fêlés, les alcooliques et les obsédés sexuels représenteraient la norme »… Promesse tenue tout au long des quinze nouvelles de l’auteur « déjanté » du roman à succès « La Rose pourpre et le Lys ». Mélange de style, de genres et d’humeurs, ce recueil offre un aperçu une cartographie assez précise des compétences et ardeurs de l’auteur. C’est aussi léger et agréable qu’un bon verre de rosé un soir d’été. C’est dire, si c’est apprécié en ces temps d’humidité.
M.M






