Mis à jour 15-10-2008 00:23
Grenelle : les Français y croient encore
Selon le dernier baromètre Metro/Apco réalisé par Opinionway, une large majorité voit le Grenelle de l'environnement comme une évolution des mentalités...
Les Français croient au Grenelle. Selon le dernier baromètre Metro/Apco réalisé par OpinionWay, 73% d’entre eux estiment qu’il marque une évolution des mentalités et 64% qu’il représente un tournant dans les réglementations concernant l'environnement. Pourtant, plus de la moitié d’entre eux affirment que c’est un projet qui restera sans lendemain.
Les Français auraient-ils la tête de Janus ? "Ils ont le sentiment que le Grenelle est un moment fondateur, explique Bruno Jeanbart, directeur des études politiques et d'opinion à Opinionway, mais en même temps, ils doutent que l’événement Grenelle se reproduise à l’avenir." De plus, il y a dans l’opinion des inquiétudes vis-à-vis de la mise en œuvre des mesures préconisées en octobre dernier. "On ressent des impatiences chez les personnes interrogées, le sentiment qu’on ne va pas assez vite", poursuit Bruno Jeanbart.
Si le Grenelle a marqué un tournant, c’est surtout dans le sens d’une prise de conscience des citoyens que cela s’opère. Pour 67% des personnes interrogées, le Grenelle incite les particuliers à changer leurs comportements en profondeur. Ils ne sont en revanche que 59% à croire que cela s’applique aux entreprises. Ce n’est pas de la méfiance vis-à-vis des acteurs économiques selon notre analyste : "Ca fait longtemps qu’on parle des obligations des entreprises en matière d’environnement, alors que le Grenelle a vraiment entraîné une prise de conscience du rôle que les individus ont à jouer", souligne-t-il.
Enfin, malgré le Grenelle, les Français n’ont pas l’impression d’être les premiers de la classe de l’Europe en termes de développement durable. Pour 44% des sondés, l’élève modèle est l’Allemagne, suivi de la Finlande (40%) et de la Suède (39%). La France ne se classerait qu’en septième position avec 9% seulement de citations. En queue du train, les pays du Sud, puis de l’Est de l’Europe, ce qui reflète en effet une perception plutôt réaliste de la situation du Vieux Continent.
A une exception près : le Royaume-Uni n’arrive qu’en onzième position (cité par 3% des personnes interrogées). "Cette vision peu positive du est associée à l’idée de son économie libérale qui ne serait pas en accord avec le développement durable. Or, quand il s’agit de comportements individuels, le libéralisme rime avec responsabilisation", conclut Bruno Jeanbart.













