Crise économique, crise financière, crise écologique… l’horizon n’est certainement pas rose. Mais s’il était vert ?  « Tout est en crise et cette concomitance n’est pas un hasard, affirmait récemment l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage, lors d’une conférence sur le développement durable organisée par la banque HSBC. Nous sommes arrivés à un moment où le développement qui a été le notre au cours des deux siècles qui se sont écoulés arrive au bout d’un cycle et il faut que nous changions. » Beaucoup d’analystes concordent en effet à dire que le développement durable peut être la source d’un renouveau économique. « Ces crises vont permettre de changer de braquet beaucoup plus rapidement », soulignait Corinne Lepage.

Les entreprises et les investisseurs sont conscients que leur compétitivité de demain dépend des investissements réalisés aujourd’hui dans les économies d’énergie, les énergies renouvelables et dans l’éco-innovation. « Le marché mondial des produits et services liés à l’environnement devrait doubler pour passer de 1370 milliards de dollars par an actuellement à 2740 milliards de dollars vers 2020», constate Sylvie Faucheux, présidente l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Par ailleurs, les investissements des entreprises dans l’efficacité énergétique leur permettent de réaliser d’importantes économies, encore plus lorsqu’on sait que polluer va devenir de plus en plus cher avec la mise en place progressive du marché du carbone (voir tableau page 3). Parallèlement, les investissements des particuliers pour la rénovation thermique devraient relancer le secteur du bâtiment, en crise depuis l’été.

Selon l’Ademe, plus de 200 000 emplois liés à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables devraient se créer en France avec la mise en œuvre des mesures du Grenelle de l’environnement. A croissance verte, empois verts alors : un rapport récent de l’Organisation internationale du travail a estimé que l'évolution de l’emploi et de l’investissement liés au changement climatique et à ses effets pourraient créer des millions d’emplois, aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement.