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Mis à jour 08-10-2008 19:48
Antonio Ferrara

Antonio Ferrara Photo : AFP

Antonio Ferrara fait son show

Au cinquième jour de son procès consacré à l’étude de sa personnalité, il s’est livré à un jubilatoire jeu du chat et de la souris avec la présidente de la Cour d’assises

A le voir dans le box des accusés, Antonio Ferrara est un chic type. Une intelligence intuitive, un humour à tout rompre et une répartie dévastatrice, sont autant d’atouts, que ses prédispositions supposées à manier des explosifs, et à se faire « la belle ». Au cinquième jour de son procès consacré à l’étude de sa personnalité, le natif de Cassino (Italie) s’est livré à un jubilatoire jeu du chat et de la souris avec la présidente de la Cour d’assises Janine Drai.

« Bricoleur »

A l’entendre, les « vrais problèmes » ont débuté en 1995. Une descente de police vise la cité de Choisy-le-Roi, où il est installé avec sa famille depuis douze ans. Le lieu est réputé pour la drogue, et, aux sons des sirènes, « Nino » se met en cavale. « Vous aviez quelque chose à vous reprocher ? » demande la présidente. « J’avais peur. Même innocent, on peut se retrouver dans un box » prétexte t-il.

« Il y avait du trafic dans la cité ? » s’interroge Mme Drai. « Paraît-il que oui. Mais, je n’y étais pas ». Quatre ans de cavales suivront sa première évasion en 1997 de l’hôpital de Corbeil. « De quoi viviez-vous ? D’où venait l’argent ? » se demande Janine Drai. Un brin charmeur, l’accusé répond d’un hochement de tête : « Ca sent les menottes votre question Madame ». De sa vie privée et de son enfance, Ferrara ne dira rien. « Votre père déclare qu’il ne vous à jamais donné de gifle, car il n’en à jamais eu l’opportunité. » poursuit la présidente. L’air grave, il lâche « Il aurait peut-être dû, non ? »

Ferrara, le best-of de ses réponses :

* Sur ses ressources financières, entre 1995 et 1996 : « J’ai toujours été un peu débrouillard. Je suis bricoleur. J’ai fait des vols de roue de voitures, de gentes. A l’époque, ça me suffisait pour vivre. Après, je suis devenu beaucoup plus gourmand ».
* Sur la tentative d’assassinat qu’il avait commise en novembre 1996 : « Comprenez bien que je n’ai pas envie de reparler de ça, on ne va pas refaire le match…Je n’ai rien à dire sur cette affaire Mme la Présidente et ce n’est pas un manque de respect, j’ai été condamné, et je ne veux pas refaire de jugement ».
* Sur le vol à main armée commis en 1997 dans une banque : « C’était une agence bancaire, laquelle ? je m’en souviens plus ».
* Sur les 20 000 francs dérobés dans cette même agence : « Une broutille »
* « Racontez nous votre première évasion, le 7 août 1998 » : « Vous n’avez pas lu le dossier ? » …
* A la question « Comment avez-vous choisi la date de l’évasion ? (celle de 1998 ndlr): « ha ha »
* A la question « Qu’avez-vous fait pendant votre quatre ans de cavale ? » : « J’ai voyagé dans le sud de la France, le Maroc, l’Italie ».
* A la question : « Avec Quel argent ? » « Ca c’est une question qui sent les menottes…J’ai bricolé. Je suis un gros bricoleur »
* « Quand on vous a arrêté à Athis-Mons (le 12/07/02 ndlr). Vous avez tout fait pour ne pas être arrêté… » : « Bah oui, j’ai couru »
* Sur le métier de son père : « Votre père avait un camion ambulant de vente de pizza. Pourtant, vous dites que c’était un leurre. Pourquoi ? » : « Parce qu’en fait, il vendait des sandwiches. C’est sûr, si je me dirige vers un camion de pizza, que j’en commande une, et que le mec me donne un sandwich, je lui dit « Hé, bien joué ! ».
* Sur le métier de son frère Claudio : « Votre frère travaille en Amérique du sud. Que fait-il exactement ? » : « Il vend des crevettes ». « Le choix de l’Amérique du sud, c’était pour quitter la France ? » : « Peut-être. Mais aussi pour les crevettes j’imagine ».
* Sur son enfance : « J’ai très peu de souvenir de mon enfance. A part qu’en Italie, j’aimais manger des glaces ».
* Sur la descente de police en 1995 à Choisy-le-Roi, dans la cité ou il habitait, et qui à conditionné sa fuite. « Vous habitiez où, alors ? » : « Chez un voisin ». « Et son nom à ce voisin ? » « Je ne sais plus, ca me reviendra peut-être ».
* Sur son caractère : « Vous définiriez-vous comme un meneur d’homme ? » : « Vous voulez dire comme un quarterback ? »
* Sur sa cavale : « Vous avez vu des proches ? » : « Parfois. Mais vous savez, je suis d’une banalité bête. Même pendant ma cavale, je ne me suis pas caché ». « Assez pour que les policiers vous recherchent activement ». « Ils m’ont peut-être mal cherché, alors »


 

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