Dans son nid parisien tout en roses et en mauve, Anabel Gérenthon raconte l’histoire de ses créations de fée. Cette Drômoise de 38 ans, qui baigne dans la chaussure depuis son BTS mode, a lancé sa propre marque Moyi Ekolo en 2004. C’était à la suite d’un licenciement économique.  Et c’était à Romans, la capitale française de la chaussure de luxe. “Après la gloire des années 1970, il y a eu un déclin dans les années 1990, beaucoup d’usines ont fermé à la suite de délocalisations”, raconte-t-elle.

Un design épuré
Mère de deux enfants, Anabel ne se voyait pas faire autre chose que de la chaussure... de la chaussure de luxe. “Je voulais revenir à un produit de qualité au design épuré, avec un aspect architectural”, explique-t-elle. Ça s’est fait en remuant ses relations à Romans, où elle fait désormais produire ses chaussures chez un ancien licencié qui a repris une usine. Les semelles en caoutchouc naturel sont faites par un artisan en Isère, la laine bio vient d’Ardèche, le cuir tanné végétal, d’Italie... un circuit local de fournisseurs de qualité qui rendent la production deux fois plus chère que dans les pays en voie de développement. Alors, comment rester compétitif ? “Il faut vendre par des circuits courts avec le moins d’intermédiaires possible”, souligne-t-elle. Ces souliers enchantés se vendent entre 130 et 150 euros. Comme la concurrence, mais avec une belle histoire en bonus !