Souvenez-vous, c’était en 1990. Dans un château lugubre, tout en haut d’une colline, un savant fou met la touche finale à une créature fantastique, mi-adolescent, mi-pantin. Hélas il décède avant d’avoir eu le temps de fabriquer des mains à son protégé.

Affublé d’effrayantes paires de ciseaux au bout des bras, le pauvre Edward est découvert par la jeune et jolie Peg, qui l’emmène vivre avec sa famille dans une petite banlieue pavillonnaire typiquement américaine. Le début des ennuis… et de l’un des plus beaux films de Tim Burton, et le début d’une longue et fructueuse collaboration avec l’acteur Johnny Depp.

Un classique moderne
Ce film culte est devenu en 2005 une comédie musicale mise en scène par le Britannique Matthew Bourne (Le Lac des cygnes) qui après avoir triomphé à Londres, s’installe à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 8 novembre au Théâtre du Châtelet.

Le spectacle reprend les grandes scènes du film, et y injecte de nombreux numéros de danse, soutenus par la partition déjantée de Danny Elfman, le compositeur attitré de Tim Burton. “Deux mondes se côtoient : l’étrangeté de l’horreur gothique et ce monde de la banlieue bigarrée, avec toute sa comédie d’observation sociale”, explique Bourne à propos de cette fable fantastique qui n’a pas pris une ride. Et s’offre une nouvelle jeunesse grâce à ce metteur en scène excentrique, passionné par le septième art puisqu’il a, par le passé, adapté à sa façon les classiques de Disney, Cendrillon et Mary Poppins. Une vraie curiosité.