“J’aime bien être gentil, mais je ne veux pas en avoir l’air.” Tout Karl Lagerfeld est dans cette déclaration, et il y a peu de créateurs aussi passionnants à rencontrer. Pourquoi ? probablement parce qu’il est dans la mode, il fait la mode, mais en même temps, il est si loin de la mode... C’est d’abord un homme curieux de son époque, un fou d’informations, rien de ce qui concerne l’air de son temps ne lui est étranger, jamais dans le passé (en tout cas pas pour le regretter). Il est à fond dans le présent et lorsqu’il travaille à une collection, “il y a de l’éditorialiste en lui : la mode, c’est le tonneau des Danaïdes, c’est tout et c’est rien, et tout le monde contribue à la mode, avec un accessoire ici, une couleur là, elle est faite de milliers d’idées dispersées qui finissent par se rencontrer et par créer un style... Quelquefois il faudra renouveler, la prochaine fois, et encore, et encore, et c’est sans fin... et tant mieux!” Son inspiration ? C’est ce qui l’entoure et ce qu’il regarde avec acuité, sans complaisance. “Je suis un vampire visuel”, aime-t-il à dire, et l’on se plaît à penser que, peut-être, il vous regarde aussi. N’en demandons pas tant, ne cherchons pas trop à l’approcher, comme tous les artistes, il est dans ce qu’il fait, et ce qu’il fait, on ne se lasse pas de le regarder !