Mis à jour 08-10-2008 03:00
"Rien à prouver à personne"
L'ailier des New Jersey Nets, Vince Carter, foulera demain, le parquet de Bercy

Vince Carter, l'ailier des New Jersey Nets, lors de son passage à Paris
Photo : NBA Photos
Avant de jouer le premier match "délocalisé" de la pré-saison NBA demain à Bercy, Vince Carter qui a vu Jason Kidd et Richard Jefferson quitter les Nets du New Jersey a atterri hier à Paris. Celui que l¹on a connu sous le surnom "Air Canada" a déployé son double-décimètre sur le fauteuil (1,98
mètres), jet-laggé mais déjà motivé.
Vous voilà de retour à Paris, pour la seconde fois en deux mois !
C¹est comme si je revenais à la maison (rires), je commence même à me repérer, à reconnaître les endroits, à savoir où je me trouve dans Paris.
Votre présence confirme l'envie d¹expansion de la Ligue américaine, mais pensez-vous que l'engagement dans le Championnat nord-Américain, de nouvelles équipes créées sur le Vieux continent, soit réaliste ?
Cela serait très dur pour nous, de jouer. Il nous faut 6, 7 ou 8 heures d'avion pour venir jusqu'ici, et il faudrait jouer deux jours plus tard, ça serait vraiment compliqué.
Le Chinois Yi Jianlian (ancien de Milwaukee) vous a rejoint aux Nets, que dire du basket international alors que 76 joueurs venus de 31 pays évoluent en NBA ?
Il augmente ! Chaque année, de plus en plus d'Européens, et plus globalement d'étrangers, sont draftés et accrochent l¹opportunité d¹exprimer leur talent dans la NBA. Il faut regarder un coup d¹¦il en arrière et se souvenir du Lituanien Arvidas Sabonis (à Portland de 1995 à 2003, ndlr), quand ils n'étaient que très peu (avec le Croate Drazen Petrovic, notamment, ndlr) à évoluer aux Etats-Unis. Aujourd¹hui, dix ans plus tard, il suffit de regarder l'équipe de France et ses 8 ou 10 joueurs qui évoluent en NBA. Cela montre que ceux qui jouent bien dans la ligue, -Tony Parker a été le catalyseur - , ont créé le buzz et ont permis aux autres d¹y croire.
Kidd est à Dallas, Jefferson, le meilleur marqueur des Nets la saison passée, a été échangé à Milwaukee, de nouveaux joueurs ont été engagés (sept joueurs ont 2 ans ou moins d¹expérience dans la Ligue). Diriez-vous que vous êtes plus fort ou plus faible que l'an dernier ?
Nous sommes meilleurs. Quand je regarde la mentalité affichée depuis le début de la préparation, je crois en nous. On n¹a rien à prouver à personne. Les autres équipes vont davantage se concentrer sur moi, mais beaucoup de mes coéquipiers veulent laisser leur trace dans la Ligue.
Vous jouez jeudi face au Miami Heat. Business ou plaisir ?
Ca y est, on est dans la saison.
Avez-vous échangé au sujet de la médaille d¹or qu¹il a enfin ramené de Pékin ?
Non, on ne s'est pas parlé.
Vous partagez pourtant le même hôtel...
Il n¹a pas mon numéro de téléphone (rires).
Avez-vous au moins regardé les matches ?
Non.
Pourquoi ?
J'étais sûr qu¹ils allaient gagner. Certains des gars devaient saisir cette occasion pour accomplir leur rêve et effacer l'amertume qu¹ils avaient depuis Athènes (Wade, James et Anthony avaient terminé 3e).
Dans moins d'un mois, les Etats-Unis choisiront leur nouveau président. Etes-vous le genre d'athlète à avoir un opinion sur la question ?
Je supporte Obama. Nous vivons une époque difficile mais excitante. Je n'aurais jamais pu imaginer que les banques allaient se casser la figure, que le prix de l'essence que les gens allaient perdre leurs jobs, leurs maisons... Personnellement, je peux nommer quatre, cinq personnes qui sont sur
le point de perdre leurs logements. Les temps sont durs et il faut que cela change. Tout le monde est captivé par Obama et le fait qu¹il soit Afro-américain. Il faut quelqu¹un qui puisse nous sortir du trou, et avec lui, c'est ce dont il est question. C¹est parce qu'il incarne le changement que les gens parlent aussi librement de lui : finalement, peu importe la couleur du bonhomme, ils veulent que ça change.
Cadeau-bonus: l'un des plus beaux dunks de l'histoire. Il est l'oeuvre de Vince Carter lors des Jeux Olympiques d'Athènes en 2000, face à la France. Il saute par dessus Frédéric Weis, qui mesure pourtant 2,18 m:






