Lutter contre les trafics internationaux de déchets toxiques est une urgence. C’est le constat qu’à fait cet après-midi le général Roland Gilles, directeur général de la gendarmerie nationale, lors de l’ouverture d’un séminaire de la présidence française de l’UE sur ce sujet de brûlante actualité, à l’heure où se déroule en Côte d’Ivoire le procès du Probo Koala. « Ce trafic prospère sur les failles de notre société de consommation », a constaté le général, rappelant que, chaque année, l’Europe des 27 produit 1,5 milliard de tonnes de déchets, dont 300 millions nécessitent d’un traitement particulier.

« Le traitement des déchets toxiques a un coût de plus en plus élevé », a souligné le Général David Galtier, sous-directeur de la police judiciaire. Amiante, PCB, bitume, déchets informatiques, métaux… certaines entreprises refusent d’assumer le coût de leur élimination ou recyclage et se tournent vers des filières d’élimination illégale, à bon marché. Que ce soit par leur abandon en décharges à ciel ouvert, par leur envoi dans les pays du tiers-monde, voir même en Europe, ou par leur mélange avec des produits non toxiques, l’élimination de ces déchets est une manne pour les réseaux criminels. De nouvelles éco mafias prospèrent aujourd’hui grâce à des contrôles défaillants et à la faiblesse des sanctions encourues.

Face à ce problème, dont l’ampleur reste difficile à estimer, des représentants de domaines divers (policiers, juristes, industriels, chercheurs) de 21 pays ont deux jours pour dégager des solutions de coopération. « Ce n’est pas un trafic comme les autres, a averti le général Roland Gilles, c’est une menace pour l’environnement et pour la santé des populations : si nous ne faisons rien, des crises sanitaires risquent d’éclater. »