Vous dénoncez des « accusations mensongères » à l’encontre du médecin du Samu de Valence. Comment en est-on arrivé là ?
Il semble que les gestes de l’urgentiste aient été interprétés n’importe comment. Ensuite l’omerta qui règne dans les hôpitaux a donné cours à toutes les rumeurs. Après avoir déclenché toute l’affaire, l’hôpital s’est contenté d’un communiqué ridicule. C’est scandaleux. Je veux des responsables. Ils ne peuvent pas s’en tirer comme ça. C’est dramatique aussi pour la population de la région qui ne va plus avoir confiance. Le plus bizarre, c’est que les médecins du Samu refusent toujours de s’exprimer. Ils ne disent rien, même à notre organisation, dont ils savent bien qu’elle est là pour les protéger. Ont-ils peur ?

Quels ont été les gestes effectués par ce médecin ?
Ce sont des gestes très courants que l’on effectue tous les jours. Soit il a réalisé ce qu’on appelle la manœuvre de Pierre-Marie Foix qui consiste à vérifier l’état de mort cérébrale en serrant les nerfs derrière la mâchoire. C’est très douloureux et si la personne est vivante, elle réagit. Soit il s’agissait du « gasp » qui désigne les derniers mouvements respiratoires, très secs, d’une personne qui meurt.

Cette affaire traduit-elle une ambiance particulière au sein de l’hôpital ?
Il règne une ambiance délétère et pourrie. La mentalité actuelle dans les hôpitaux découle de la pression et de l’obsession du productivisme liées à une vision gestionnaire. L’incompréhension entre l’administration et les médecins s’aggrave. Avant, il existait une culture du service publique avec des chefs de service qui étaient très proches des gens et de leurs problématiques. Maintenant, les hôpitaux sont gérés comme des entreprises : ce sont des usines à gaz. Ce qui s’est passé avec ce médecin est très représentatif. J’entends régulièrement parler de forme de harcèlement dans les services. Qu’on laisse les médecins faire leur travail.