Hausse des prix des carburants, du coût des matières premières… 2008 est une année délicate pour
les constructeurs automobiles en général. Qu’en est-il pour BMW en particulier ?

En tant que constructeur, nous sommes naturellement affectés par la hausse du coût des matières premières. D’ailleurs, nous nous voyons dans l’obligation de répercuter une partie de la hausse sur
le prix de nos véhicules. Le deuxième aspect, c’est le prix de l’essence. C’est quelque chose que l’on sent chez nos clients, mais, paradoxalement, de manière positive, puisque nos voitures sont mieux placées que celles de nos concurrents en termes de consommation et d’émissions. Ce qui représente un intérêt supplémentaire pour nos véhicules dans ce contexte. Aujourd’hui, dans l’acte d’achat, les paramètres de consommation et d’émissions ont pris une importance particulière.


Comment préparez-vous l’avenir ?
Nous ne l’envisageons pas de manière monolithique. Il n’y a pas de solution miracle. Nous pensons que la somme de différentes solutions mises bout à bout pourra résoudre en grande partie les problèmes liés aux émissions.

“Dans 95% des cas, une voiture BMW consomme d’un à deux litres de carburant (aux 100 km) de moins que le modèle concurrent.” Nicolas Wertans  


La voiture verte, avec zéro émission, c’est pour bientôt ?
A terme, sans aucun doute. Mais rappelons que dans l’automobile, vous avez des cycles de dix ans. Aujourd’hui, nous savons quelles voitures nous allons produire dans dix ans. Et on sait que dans dix ans, nous conduirons des automobiles sensiblement semblables à celles que nous conduisons aujourd’hui. Les systèmes de motricité auront bien sûr évolué, avec la généralisation probable des systèmes hybrides. Mais la révolution automobile n’aura pas lieu avant au moins 20 ans.


Certains constructeurs sont plus optimistes que vous…
Oui, mais il faut faire attention à l’hypocrisie. On peut annoncer, à coups de grands renforts médiatiques, le lancement, dans deux ou trois ans, d’un véhicule électrique qui va se vendre à quelques dizaines de milliers d’exemplaires et, dans le même temps, s’allier avec des constructeurs de pays en voie de développement pour lancer un véhicule pas cher et polluant. Car il ne faut pas se leurrer : qui dit bon marché dit polluant.


Vous lancez pourtant une Mini électrique…
Oui, mais la démarche est totalement différente. Partout dans le monde, 100% de notre gamme embarque 100% de notre technologie. Nous ne proposons pas des véhicules au rabais à des pays à fort besoin de mobilité. Dans la grande hypocrisie actuelle, tout le monde prétend être plus vert que vert. Mais aujourd’hui, nous sommes le seul constructeur en France à avoir toute sa gamme équipée du filtre à particules de série.


Pourtant, avec ses modèles sportifs et ses 4x4, BMW est réputé comme un constructeur plutôt polluant…

Ce sont des idées reçues. Une série 3 consomme moins et pollue moins qu’une Logan. Les monospaces familiaux consomment 5 fois plus que notre X5. Et si vous prenez des modèles compa­rables, dans 95% des cas, une BMW consomme d’un à deux litres de carburant aux 100 km de moins que sa concurrente, donc 20 à 40 g/CO2 de moins. Toutes les technologies “vertes” développées par BMW sont installées sur tous nos véhicules, que ce soit l’auto start-stop, la récupération d’énergie au freinage, l’injection directe ou le filtre à particules. C’est une vraie
stratégie.


Comment pensez-vous que le marché de l’Europe de l’Ouest va se développer ?
Je pense que sur ces marchés matures, il y a une mutation qui est en train de s’opérer, avec un marché en forme de “sablier”. On cherche soit un prix, soit une valeur ajoutée. Donc, des marchés où il y a le low cost et les petits modèles d’un côté et le premium de l’autre vont tirer leur épingle du jeu.