Mis à jour 02-10-2008 19:53
Bourrasque sur l’éolien
Pro et anti-éolien s'affronent études à la main.

1 Mtep correspond à la production d’environ une centrale nucléaire EPR, ce qui représente environ 2% de la consommation française d’électricité. L'objectif du Ser pour 2020 est de porter à 5Mtep la production d'électricité éolienne contre 0,2 aujourd'hui (1Mtep = 1 mégatonne équivalent pétrole).
Photo : DR
L’énergie éolienne continue à faire débat. Demain, la fédération environnement durable organise sa deuxième grande manifestation anti-éolien à Paris (Place Denfert-Rochereau, à 14 heures), pour demander l’arrêt du programme français. Elle dénonce, comme l’a fait en juillet l’Institut Montaigne, le coût pour la communauté de cette énergie renouvelable mais subventionnée. Ce surcoût s’élèverait à 2,5 milliards d’euros par an, selon le président-fondateur de la fédération, Jean-Louis Butré. « Ce chiffre correspond au budget du CNRS, qui emploie 80 000 chercheurs : on s’appauvrit de l’emploi de milliers de jeunes chercheurs pour développer des énergies renouvelables soutenues par un lobby scandaleux qui nous rackette par sa force de frappe », s’indigne-t-il.
Lors de sa conférence de presse annuelle, ce matin, le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) défendait cette technologie qui serait déjà au seuil de la compétitivité. Jean-Philippe Roudil, délégué général du syndicat estime que « l’exercice de l’Institut Montaigne se base sur des hypothèses et des méthodes de calcul qui déforment la réalité et qui affichent des surcoûts qui n’existent pas ». Par exemple, selon le Ser, les calculs n’auraient pas pris en compte le prix de rachat dégressif de l’énergie éolienne qui baisse de 2% par an. « Aujourd’hui, 85% du coût de l’énergie éolienne est assuré par le marché et 15% par les subventions, explique Jean-Philippe Roudil, et avec la hausse du prix du gaz et du pétrole le prix de marché va augmenter, alors que le tarif de l’électricité d’origine éolienne baisse. » Le programme de développement de 20 000 MW terrestres (l’éolien off-shore étant plus cher) entraînerait même des économies de 1 200 millions par an. Aujourd’hui l’éolien produit 1 600 MW et l’objectif à 2020 serait de 25 000 MW.
Jean-Louis Butré, qui publie le 15 octobre « L'imposture, pourquoi l'éolien est un danger pour la France » (préfacé par Valéry Valéry Giscard d'Estaing), n’en est pas convaincu et dénonce la « puissance financière » du lobby éolien qui serait « propice à la corruption ». Il s’inquiète aussi de l’impact des éoliennes sur le paysage Français : « 30% du territoire sera touché, estime-t-il, car les maires sont sensibles aux propositions financières des industriels qui alimentent les taxes professionnelles des mairies.
La nécessité d’une meilleure planification sur le territoire national a été également souligné par le Ser, qui souhaite aller vers une meilleure acceptabilité de ces installations qui font souvent près de 150 mètres de haut. Une étude de l’Ademe, publiée hier est plutôt réconfortante sur ce point : 79% des Français accepteraient l’implantation d’éoliennes dans leur région et 62% à moins d'1 km de leur domicile. Ces chiffres sont stables depuis 2004. L’intégration des éoliennes dans le paysage resterait toutefois l’enjeu majeur pour 63% des Français. Le débat ne fait que commencer.













