« L’argent perdu devra être retrouvé ailleurs », se désole Régis Santos, président du syndicat national des banques, à propos des pertes subies par les banques françaises. Il redoute maintenant que les effets de la crise ne retombent sur les salariés.
Selon lui, les actionnaires des banques n’accepteront pas une baisse de la rentabilité. Il est vrai que le mouvement général est sans nul doute celui d’un amincissement de la masse salariale.
A Natixis, l’une des deux banques les plus impliquées dans la crise avec le Crédit Agricole, « l’ambiance générale est morose, concède Franck, cadre depuis plus de 20 ans, les salariés sont démotivés par le plan social qui prévoit le départ de 800 personnes ». Un appel aux préretraites est lancé. Les centres les plus touchés seront ceux de province.
La banque verte a quant à elle annoncé la suppression de 500 emplois, dont la moitié en France, au sein de sa banque d’affaires Calyon, qui a englouti 6 milliards d’euros dans la crise. La Caisse d’Epargne, la maison mère de Natixis prévoit de supprimer 5 100 emplois.
En revanche, la Société générale a choisi de recruter 20 000 personnes supplémentaires. Pourtant, devant la grande tour de la Société générale de la Défense, trois employés du middle office
Sont pessimistes : « Même si l’on ne ressent pas trop la crise, on reste inquiet sur le niveau des emplois. Il n’y aura sans doute pas de licenciements, mais ils vont geler des embauches ».
Les courtiers inquiets et peu loquaces
Chez les courtiers, jongleurs de millions d’euros, la nervosité ne doit surtout pas être révélée. « Pas de commentaires » lance une jeune femme blonde courtière à la Société Générale avec un sourire contrit.
A la BNP, boulevard des Italiens à Paris, les traders descendent à tour de rôle de la salle des marchés en griller une. L’un d’eux concède que « nous avons la consigne de ne rien dire. Ce matin encore, on nous l’a rappelée ».
Les prestataires, eux se montrent plus loquaces. Michel est prestataire en téléphonie pour
la Société générale : « Dans la salle des marchés, c’est un peu la panique. Ça l’était déjà lors de l’affaire Kerviel, puis cela s’était calmé.
Mais depuis quelques jours, c’est de nouveau la panique. »
Franck, le cadre aux 20 ans de maison chez Natixis, révèle qu’il a pris une « sacrée déculottée » avec la chute du cours Natixis. « Dans la salle des marchés, c’est l’inquiétude ».
Malgré tout, il ne croit pas à une tempête financière qui soit d’égale ampleur à celle qui secoue actuellement les Etats-Unis. « Notre système est quand même plus protégé que celui des Etats-Unis ».

































