Les vendanges commencent à battre leur plein dans le Bor­de­lais. L’occasion de faire le point avec Ber­nard Farges, président des Bordeaux et bordeaux supérieurs, syndicat qui représente plus de la moitié des viticulteurs girondins.

La sortie de crise est-elle confirmée ?
Lors de la dernière campa­gne, il n’y avait pas de dégradation notable de la situation financière des entreprises. Mais, cette année, les viticulteurs ayant des pertes impor­tantes à résorber (environ 30% des entreprises, selon le syndicat agricole FDSEA, ndlr) vont se retrouver en grande difficulté : le relèvement des prix ne compensera pas la baisse quantitative. Or, c’est sur cette estimation des volu­mes à vendanger que se ba­sent les banques pour déclencher les avances de trésorerie.

La vendange 2008 s’annonce maigre...
La baisse des stocks devrait continuer, car la vendange s’annonce inférieure (- 10% pour les rouges, - 30% pour les blancs) à l’année passée, pourtant déjà moyenne. D’où l’idée de garder en réserve le dernier bon millésime généreux, plutôt que de détruire ce qui va au-delà de l’autorisation de rendement officielle. Nous avons présenté ce projet, mis en œu­vre depuis deux ans pour les chablis, à notre instance ré­gio­na­le. Il doit être évoqué en fin d’année au niveau national.

A peine sortis d’une crise liée à la surproduction, pourquoi créer une réserve ?
Car le chan­gement climatique va peser de plus en plus lourd. On l’a vu cette année avec un épisode de gel tardif qui a touché de 20 à 30% des surfaces plantées. Si la petite ré­colte 2008 va nous permettre d’être un peu plus conforta­bles du fait d’un contexte économique tendu, il ne faudrait pas que cela se repro­duise et que nous perdions des parts de marché par
dé­faut d’anticipation.