Rendre la haute montagne plus accessible risque-t-il de mettre la biodiversité du Mercantour en danger ? Alors que le conseil général a lancé les travaux d’aménagement d’un itinéraire pédestre de140 kilomètres entre Saint-Dalmas-le-Selvage jusqu’à la Bévéra et prévoit la création de quatre refuges, certains amoureux de la montagne crient au scandale. Ils ont prévu de manifester vendredi matin devant la préfecture, où doit se tenir un conseil d’administration du parc du Mercantour.
Fréquentation très faible
Pour tenter de couper court à la polémique, le président du conseil général a invité jeudi autour d’une table les acteurs concernés par le projet : guides de montagne, comité de randonneurs, représentants du club alpin français, du parc du Mercantour et maires des communes du haut pays.
“Ce ne sera pas du tourisme de masse : si on augmente de 10% la fréquentation (actuellement très faible compte tenu du caractère sportif de ce type de randonnée à plus de 2 000 mètres, ndlr), on aura fait un petit progrès”, a argumenté Christian Estrosi.
Il a également annoncé la création d’une association des amis du par et d’un comité scientifique en charge d’étudier l’impact de la création de cet itinéraire.Pas de quoi rassurer Eric Teisseire, le porte-parole du regroupement baptisé Communauté de la montagne, qui annonce avoir déjà rassemblé 2 300 signatures contre le projet. “Le rôle d’un parc, c’est d’empêcher qu’il y ait des aménagements nouveaux. Mieux vaudrait entretenir les chemins existants et faire vivre les vallées”.
Ce sont bien deux conceptions de la montagne qui s’opposent, entre les partisans d’une certaine “démocratisation” et les tenants d’une montagne “qui se mérite” à la force du mollet.









































