Jean-Pol Tassin, directeur de recherche à l'Inserm. Il dirige un groupe de recherche au sein de la chaire de Neuropharmacologie du Collège de France. Il nous donne son avis d'expert sur i-doser.com
Alors, la drogue peut-elle passer par le son ?
Pour moi, ce site est un gag explicable. Ecouter pendant environ 35 minutes – c’est long - des sons chaotiques, c’est épuisant pour le cerveau. Ajouté à cela des images hypnotiques et des illusions d’optique qui obligent à ne pas pouvoir fixer, ça vous met dans les choux ! Le but est bien de fatiguer le cerveau, de vous donner la sensation d’être à côté de la plaque, de planer... et donc de diminuer vos facultés cognitives. Et c’est effectivement la caractéristique des drogues, la cocaïne mise à part, de diminuer les capacités cognitives du cerveau. De là dire que les doses sonores font l’effet de drogues, c’est ridicule et aberrant.
Quel est le rôle de l’autosuggestion dans l’effet des doses ?
On connait le rôle de l’autosuggestion surtout pour l’alcool. Des études scientifiques ont montré que les personnes qui savent qu’elles deviennent plus violentes quand elles ont bu, le deviennent effectivement quand on leur dit qu’elles ont bu, même si elles n’ont pas avalé une goutte d’alcool.
Le site dit s’appuyer sur des "méthodes scientifiquement prouvées et sans risque, de synchronisation des fréquences cérébrales". De quoi s’agit-il ?
Chaque cellule du cerveau a une activité propre. Notre cerveau contient des milliards de cellules qui communiquent entre elles. Cet ensemble extrêmement complexe résonne et crée un signal électrique. Quand on dort, l’activité des cellules diminue et notre électroencéphalogramme devient plus régulier. Idem quand on prend de la drogue, qui ralentit l’activité cérébrale. De là à parler de « synchronisation » ou de « désynchronisation » des fréquences des cellules, c’est très exagéré. Ca fait « scientifique », donc sérieux, mais ça reste une bonne idée marketing, rien de plus.




































