Mis à jour 21-09-2008 23:13

Le coûteux pari du Trésor

Le plan de sauvetage du système financier présenté par l’administration Bush

Le Taureau de bronze, la statue d'Arturo Di Modica, symbole Wall Street.

Le Taureau de bronze, la statue d'Arturo Di Modica, symbole Wall Street.

Photo : Douglemoine/Flickr.com

C’est l’épilogue d’une semaine frénétique. Faillite de Lehman Brothers, rachat de Merrill Lynch, sauvetage d’AIG, cours qui dégringolent dans les Bourses du monde entier, injections massives de liquidités par les banques centrales. Et, jeudi soir, l’annonce du gouvernement américain, qui
a fait pousser au monde de la finance un long soupir de soulagement.

700 milliards de dollars
L’administration Bush est prête à mettre 700 milliards de dollars sur la table pour enrayer la grave crise de confiance sur les marchés. La somme débloquée – l’équivalent de la richesse produite en six mois par la France –, permettrait au Trésor, en concertation avec la Fed, de racheter les actifs à risques qui minent le marché du crédit. Libre au Trésor, toutefois, de déterminer les institutions financières qui bénéficieront de ce plan. Qui va payer ? “Ces mesures réclament que nous engagions un montant considérable de dollars du contribuable”, a concédé le président américain,
George W. Bush. L’économiste Brian Bethune a toutefois estimé que le coût pour le contribuable pourrait baisser si l’économie se redressait en 2009 et en 2010, permettant au gouvernement de défaire des actifs à un meilleur prix que celui auquel il les a acquis.


Si le plan doit encore être validé par le Congrès, l’annonce a rempli les marchés boursiers d’allégresse. Paris a enregistré une hausse record de 9,27%, du jamais vu depuis la création du CAC 40, en 1988. L’indice russe a même clôturé à + 22,38%.

Un appel aux autres pays
Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, s’est attelé dimanche à justifier auprès des médias et de l’opinion son plan de sauvetage, qui conduit à porter à quelque 11 300 milliards de dollars le plafond de la dette américaine. “Comme philosophie, je n’ai jamais pensé que
l’intervention (du gouvernement) était une bonne chose. Tout ce que je peux dire, c’est qu’elle est nécessaire maintenant”, a-t-il déclaré sur ABC. Interrogé ensuite sur Fox, Henry Paulson a appelé les autres pays à “concevoir des programmes similaires pour leurs banques et leurs institutions financières quand c’est opportun”.
 

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