Une nouvelle murmurée à la mi-journée, puis confirmée vers 17 heures à Paris, au ministère de la Cul­ture : Marseille, ville annoncée comme la grande rivale de Bordeaux, sera capitale européenne de la culture.


Place Jean-Jaurès, à Bor­deaux, où se trouvent les locaux de l’équipe lancée dans cette bataille, Sandrine, employée de Bordeaux 2013, a les yeux rougis par la déception : “On a fait le maximum. On a rêvé de beaux projets. On a analysé les besoins de la ville, son grand potentiel européen... Félicita­tions à Marseille, qui a joué avec le contexte géographique de la Méditerranée. Mais le travail qu’on a fait ne peut pas rester lettre morte.”

Garder la flamme ?
Réunis au même endroit, Alain Rousset et Alain Juppé, opposants électoraux mais alliés dans cette aventure, ont voulu garder la flamme allumée : “Nous avons entraîné la population de Bordeaux, et bien au-delà, dans ce projet. Il faut qu’il soit durable. Il y a tant de belles choses que l’on ne peut pas renoncer à cela. Les quatre collectivités doivent se réunir pour continuer”, a déclaré le président de la Région. Et Alain Juppé de lui emboîter le pas : “Nous re­bondirons ensemble, cela ne peut rester sans lendemain.”


Ne pas laisser retomber le souffle, donc, mais connaître ses erreurs, un besoin primordial selon Vincent Fel­tesse, président de la CUB, qui évoque quatre leçons à tirer : “Le départ un peu tardif dans la compétition ; l’analyse des côtés négatifs ; une culture dont le contexte général est fragilisé ; et enfin le moyen de pérenniser cette mobilisation populaire.”


Malgré la bonne volonté des différents acteurs, cette défaite sera certainement le tombeau de quelques ambitions. Eric Roux, directeur de la Rock School Barbey, es­time que la sélection de Mar­seille est “une sacrée gueu­le de bois” : “Des perspectives de financement pour des projets transfrontaliers, comme ceux que nous portons (un bateau rock avec Bilbao, Saint-Sebas­tien et Bayonne), vont s’envoler.”


DJ Menda, membre du Collectif Bordeaux capitale culturelle 2 suite, réunissant depuis fin juillet une dizaine d'étudiants et de jeunes professionnels des métiers artistiques et de la création, pense que “la plus grande ouverture de Marseille” a fait la différence. Il espère aussi que l’union dans le projet et dans la défaite des collectivités ne “soit pas une union de façade”. Pour ne pas risquer de voir partir les espoirs aux oubliettes, un projet d’envergure devra vite prendre le relais.