Les jeunes diplômés peuvent souffler. Avec une situation de plein emploi, le marché du travail leur a rarement été si favorable : on en vient même à parler de “guerre des talents”. Ils se trouvent en position de force face aux employeurs qui définissent de nouvelles stratégies pour les attirer.
Réunis par Metro dans le cadre d’une table ronde, des professionnels font le point sur les attentes de cette nouvelle génération et les réponses apportées par les entreprises pour attirer et fidéliser des jeunes diplômés en quête de sens dans leur vie professionnelle.

Nouvelles aspirations
A la différence de leurs aînés, les jeunes diplômés n’envisagent plus de passer leur vie dans la même entreprise. Le choix de l’entreprise ne se fait pas pour autant à la légère : salaire, possibilité d’évolution de carrière, valeurs prônées par l’entreprise sont autant d’éléments déterminants. “Les jeunes diplômés ne veulent pas d’une entreprise qui ne partage pas les valeurs auxquelles ils croient, ils sont en quête de sens”, analyse Antoine de Riedmatten, responsable du recrutement et de la formation chez Deloitte. “Ils veulent aussi savoir s’ils peuvent bénéficier d’un parcours accéléré, même si, plus tard, ils ne choisissent pas cette voie-là.”

Bien obligé pour les entreprises de s’adapter aux attentes de ces futurs cadres. Un premier objectif : attirer et se faire connaître. Des manifestations sont régulièrement mises en place afin de présenter la diversité des métiers qui leur sont offerts. Au Sogélive, événement organisé par la Société Générale, des collaborateurs interviennent pour présenter leurs métiers. Partenariats, rencontres, venue d’anciens élèves : tisser un lien de proximité avec les écoles est essentiel. Les stages sont à ce titre un moyen privilégié pour faire découvrir l’entreprise et débouchent souvent sur un emploi. La cooptation, rémunérée ou non, s’avère par ailleurs être un mode de recrutement largement utilisé, qui a l’avantage de souvent garantir une meilleure intégration.

Une fois dans l’entreprise, les jeunes diplômés peuvent bénéficier de dispositifs d’accompagnement. “Chez Accen­ture, nous avons instauré un système de parrainage qui permet un suivi”, explique Sophie Arnould, responsable recrutement France chez Accenture. Des conseillers et des plateformes ont par ailleurs été mis en place pour favoriser la mobilité, à la fois géographique et fonctionnelle. Car, comme le résume Philippe Fosset, gestionnaire des carrières et responsable recrutement, direction de l’ingénierie à la SNCF, “l’enjeu, c’est d’arriver à construire des compétences en tenant compte des aspirations de chacun”.