Ils sont onze, ils ont entre 18 et 29 ans, et ils sont fous d’informatique. Une passion qui les a menés, début juillet, devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Les jeunes “pirates”, ou hackers, étaient poursuivis pour avoir participé, en 2005, à l’infiltration de plusieurs sites Internet dont celui du ministère de la Santé. Le jugement, rendu cet après-midi, pourrait faire jurisprudence dans ce genre d’affaire.
Apologie du cannabis
Au début de l’année 2005, la Mission interministérielle de lutte contre la drogues et la toxicomanie (Mildt) lance, sur le site Internet du ministère de la Santé, une vaste campagne de sensibilisation à l’usage du cannabis.
Mais le 2 février, la page d’accueil du site fait état d’un message pour le moins stupéfiant : “Le cannabis, j’en ai fumé. Je préconise une prise intensive, au minimum deux fois par jour pour essayer de se sentir bien dans un monde dirigé par nos chers technocrates”. D’autres sites auraient été piratés, dont ceux du groupe Partouche, de HEC, du GIGN, des restaurants Hippopotamus ou de la cour d’appel de Paris.
“Ils ont dépassé les limites”
“C’était un jeu. Notre seule finalité, c’était de rentrer dans une machine”, avait expliqué Olivier* à la barre en juillet. Le procureur avait requis deux mois ferme et une amende contre le “cerveau”, quatre mois avec sursis et une amende pour deux autres, et des travaux d’intérêt général pour les huit deniers. “Ils se sont aperçus qu’ils avaient dépassé les limites, mais les réquisitions nous ont étonnés”, expliquait hier maître Ambroise Colombani, avocat d’un des prévenus.




































