La prochaine Coupe du Monde de football s’annonce déjà comme celle des symboles. Hormis le fait qu’il s’agit du premier Mondial organisé sur le continent africain, les éliminatoires, qui ont démarré depuis quelques mois, réservent quelques affiches croustillantes : Corée du Nord-Corée du Sud (qui aura lieu sur terrain neutre, en Chine), Arménie-Turquie et Cuba-Etats-Unis, qui se disputent ce week-end.

C’est la première fois depuis la Révolution cubaine qu’une équipe américaine se déplace sur l’île (excepté une sélection de jeunes, lors des Jeux Panaméricains de 1991). Un choc plus symbolique que politique : aucune déclaration tapageuse n’est venue interférer avec le match. Les joueurs et entraîneurs des deux équipes ont plutôt cherché à dédramatiser, refusant d’y voir plus qu’un match de football. Seule entorse à l’esprit sportif : les supporters américains n’ont pas été autorisés à se rendre à Cuba. L’ambiance risque donc d’être chaude à La Havane.

Un match déséquilibré ?
Car si le football n’est pas le sport numéro un à Cuba (le baseball est nettement devant), il n’en demeure pas moins populaire. Depuis plusieurs mois, déjà, on parle de ce choc. Qu’importe, après tout, si le pays ne se qualifie pas pour la Coupe du Monde, pourvu qu’il batte le vieux rival américain. Les chances cubaines sont en effet minimes dans un groupe composé également de Trinidad-et-Tobago et du Guatemala. Pour son premier match, Cuba a été sévèrement battu à domicile (3-1) par Trinidad. Evidemment, les joueurs cubains ne sont pas autorisés à s’expatrier. Plusieurs Américains jouent, eux, dans des clubs européens, et la Ligue américaine fait partie des meilleures du continent (David Beckham y joue depuis deux saisons). Le match apparaît donc déséquilibré, mais ne devrait pas manquer de piquant.