Ces 20 000 m2 de hangars à l’abandon, entre le quai de Queyries et la rue des Vivants, contiennent des dizaines de sacs, des barils, des fûts et cinq citernes de produits chimiques qui ont servi, jusqu’en juillet 2004, à fabriquer de la bouillie bordelaise. “Je n’avais jamais vu ça en France. Ce mélange de solvants et de bois est une bombe à retardement. Je suis particulièrement étonné de la facilité d’accès”, déclare le toxicologue bordelais Jean-François Narbonne, invité sur place, hier, par Cap Bastide, une association de riverains.
Risques d’incendie
“N’importe qui peut rentrer ! La préfecture dit qu’elle a mis en demeure le propriétaire de clôturer et de dépolluer. Mais rien n’a été fait. Des gens vont et viennent, au risque de déclencher un incendie”, martèle Fabienne Vassel, vice-présidente de l’association. Des tags et des boîtes de bière attestent en effet de passages réguliers. “J’ai vu des gens entrer par le portail. Je suis inquiet : j’ai une soixantaine de camions-citernes transportant de l’hydrocarbure stationnés à dix mètres”, souligne Patrick Deguffroy, le directeur de l’entreprise voisine, Pechavy Napoli.
Les services de l’Etat vont lancer d’ici peu une procédure de mise en demeure. Rappelé à l’ordre à trois reprises, le liquidateur judiciaire a indiqué en mai qu’il ne pas disposait pas des 2 à 3,5 millions nécessaires pour dépolluer et sécuriser le site.


































