C’est un procès douloureux qui s’ouvre ce matin devant la cour d’assises de Paris. Pendant trois jours, les juges devront déterminer les circonstances du terrible drame qui s’est produit dans la nuit du 27 au 28 novembre 2004 sur les Champs-Elysées, et au cours duquel un jeune adolescent de 18 ans a perdu la vie. Quatre jeunes, aujourd’hui âgés d’une trentaine d’années, comparaissent pour agression, non-assistance à personne en danger et dissimulation des preuves d’un crime et meurtre.
Une histoire de téléphone
Le 27 novembre 2004, Zakaria Babamou, adolescent de 18 ans originaire de Carrières-sous-Poissy, se promène sur les Champs-Elysées avant de rejoindre ses amis. Il croise alors une bande de quatre jeunes et leur demande s’il peut emprunter un téléphone portable pour passer un coup de fil. Ces derniers refusent. Zakaria aurait alors, selon les jeunes, giflé l’un d’entre eux avant de partir. “La thèse de la claque paraît peu probable, commente Henri de Beauregard, avocat de la famille Babamou. Zakaria est seul, ils sont quatre et sont plus âgés.” L’adolescent aurait ensuite poursuivi son chemin et retrouvé sa bande d’amis. Un peu plus tard, square Marigny, Zakaria et un de ses copains retrouvent la bande de jeunes qui avait refusé de prêter le téléphone. Là, tout dégénère. “Zakaria prend un coup de couteau mortel dans l’omoplate. La profondeur de la lame atteint 19 cm. Cela atteste de la volonté de tuer. C’est ce qui fait la qualification de meurtre”, poursuit maître de Beauregard.
Incarcéré en 2005
Il aura fallu près de deux mois à la police parisienne pour interpeller les suspects. Trois hommes et une femme, qui a dissimulé l’arme du crime pendant plusieurs mois (une dague de quarante centimètres), devront répondre des différents chefs d’accusation. L’auteur du coup mortel, Jean-Michel I., chômeur âgé de 26 ans à l’époque, est incarcéré depuis janvier 2005. Il avait des antécédents judiciaires.


































