Mis à jour 31-08-2008 20:29

Les Roms attendent de lever le camp

Le bidonville de Saint-Ouen va être rasé dans quelques jours...

Dimanche, Constantin Cataline (à droite) et sa famille n’avaient pas encore entamé les préparatifs pour quitter le camp.

Dimanche, Constantin Cataline (à droite) et sa famille n’avaient pas encore entamé les préparatifs pour quitter le camp.

Photo : Vincent Michelon / Metro

Des monceaux de détritus balisent l’entrée du camp. Les derniers occupants sont attablés ou regroupés autour d’une soupe. Du plus grand bidonville de France, plus de 600 Roms serrés dans des cabanes près du quartier des Docks, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), ne subsistent qu’une centaine d’habitants.

Depuis deux semaines, plus de deux cents personnes se sont envolées pour la Roumanie, acceptant l’aide au retour proposée par l’Etat (300 euros par personne,100 pour chaque enfant). Certains ont migré vers d’autres campements. Enfin, une vingtaine de familles sélectionnées doivent être relogées aujourd’hui au “village d’insertion”, à quelques rues de là, toujours dans le quartier des Docks. Dans quelques jours, le bidonville sera rasé pour laisser place à un chantier de construction de HLM.

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C’est le nombre de familles qui, sur les 150 qui occupaient le bidonville, vont être relogées aujourd’hui au “village d’insertion”, à Saint-Ouen, dans le cadre d’un projet d’insertion sociale et professionnelle.

“Nous restons en France”
Les derniers occupants devraient bientôt se voir notifier une obligation de quitter le territoire. Pourtant, hier, aucun ne semblait sur le départ. “Pour l’instant, on attend”, résume Gigi, un jeune homme de 17 ans qui vit en France depuis sept ans et qui a changé de campement “une quinzaine de fois”. Jamais scolarisé, Gigi ne veut pas retourner en Roumanie. Comme d’autres, il attend l’évacuation du camp par la police. “Ils vont nous délivrer des obligations de quitter le territoire, explique-t-il. En réalité, on passe les douanes pour avoir un tampon sur le papier, puis on fait demi-tour.”

Assise à l’entrée d’une cabane, une adolescente ex­plique : “La police va venir, mais ma famille va rester là. Nous sommes dans ce camp depuis deux ans et nous restons en France”.

Des enfants scolarisés

Constantin Cataline et sa famille, dont quatre enfants en bas âge, n’ont pas été sélectionnés pour le “village d’insertion”. L’une de ses filles doit pourtant faire sa rentrée mardi dans une école de Saint-Ouen. “Nous avons une petite voiture. Mais il faudra une camionnette pour transporter toutes nos af­faires.” Pour lui, les choses sont claires : la famille attendra le dernier moment pour quitter les lieux. Et se rendre, comme bien d’autres, dans l’un des nombreux campements éparpillés dans le dé­partement.
 

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