Mis à jour 28-08-2008 19:09
Dégringolades
Tribune de Ariane Fornia, écrivain, auteur de "Dernière morsure"...

Ariane Fornia, écrivain, auteur de "Dernière morsure" Ed. Robert Laffont
Photo : DR
La rentrée est là, les signes ne trompent pas : le nouveau Nothomb est sorti, et Paris a retrouvé ses habitants, après avoir ressemblé début août à une nécropole dévastée par une bombe à neutrons, tellement vide qu’on pourrait organiser une rave party géante sur les boulevards sans déranger qui que ce soit.
Nous revoilà plongés dans les délices de septembre, hypermarchés bondés d’enfants qui hurlent : “Je veux un agenda princesse Tecktonik à 20 euros le feuillet”, boîte aux lettres cirrhosée par des hectolitres de paperasse et bientôt, amas de feuilles poisseuses sur les trottoirs, transformant la moindre sortie en épreuve de patinage artistique. Sommes-nous assez reposés pour affronter tout ça ?
Récapitulons les vacances. Les Russes sont partis en Géorgie rayer de la carte quelques villes, et toutes sortes de choses sont tombées du ciel, à l’exception notable du pouvoir d’achat : assez de pluie pour s’aménager des chutes du Niagara en Picardie, des avalanches, quelques avions pleins de vacanciers, et des athlètes français.
Il y a quelques jours, un appareil de Ryanair a chuté de 8 000 mètres en cinq minutes sans tuer ni casser quoi que ce soit ; Laure Manaudou a chuté sur le 400 mètres en quatre minutes onze secondes, passant du statut de superstar à celui de poisson échoué, on espère donc que ces pros de la, dégringolade seront assez charitables pour lui envoyer quelques astuces.
Bref, septembre arrive et tout rentre dans l’ordre : la foire aux anneaux passée, Pékin va pouvoir reprendre ses répressions peinard, et nous, Français, le boulot. Ce début d’année a un arrière-goût amer. Mais voici deux bonnes raisons de nous réjouir. Le taux de natalité français est remonté au-dessus de deux enfants par femme ; grâce aux nouveaux venus, on aura peut-être plus de médailles aux JO de 2026. Et surtout : avec un été aussi pourri et glacial, n’aurait-on pas enrayé le réchauffement climatique ? Bonne rentrée quand même.







