Effervescence littéraire répétée comme chaque année au moment de la rentrée. Après les chiffres – mercato des auteurs et plus gros tirages de la rentrée – les rédactions, maison d’édition et librairies bruissent de paris. Qui pour le Concourt, le Femina, le Médicis ? Quelle maison a déniché la perle, la pépite, l’œuvre, le chef d’œuvre ? Quelle nouvelle idole pour les lettres françaises ? Et enfin quels ragots colportés de Saint-Germain-des-Près ? Petit panel non exclusif des nouveautés de cette rentrée.


Lectures intimes

Autofiction, littérature du moi ou ancrage du Je… Une tendance en baisse cette année dans le petit monde de l’édition germanopratine. Mais une tendance bien représentée par un Régis Jauffret – Lacrimosa (Gallimard) - balayé par les affres d’une amoureuse suicidée avec laquelle il entretient une correspondance épistolaire pour le moins imaginaire…Outre-tombe oblige. La lauréate du prix Médicis 2004, Marie Nimier file, elle, de nouveau dans Les Inséparables (Gallimard), la veine autobiographique précédemment ouverte avec La Reine du Silence (2004), soit l’histoire d’une amitié féminine, totalement partagée et éprouvée. Sensible et sincère. Et tandis que la journaliste Colombe Schneck retrace dans Val de Grâce (Stock) le récit d’une enfance doré et adorée dans un appartement haussmannien de 200 mètres carrés , Karine Tuil, narre dans La Domination (Grasset), l’histoire d’un père un tantinet pervers et autoritaire sous des dehors débonnaires, branchés humanitaire. Un roman qui balance littéralement parlant.


Lectures paillettes

Pour les ragots rendez-vous au Marché des amants de Christine Angot (Seuil), un reality-show ou une fiction « inspirée » de sa bluette avec le chanteur Doc Gynéco (le fameux Bruno). Aux frontières de l’amour, Catherine Millet s’est, elle aussi semble t-il, brûlée le bout des ailes. Après le retentissant succès de la Vie sexuelle de Catherine M, Un jour de souffrance (tiré à 120 000 exemplaires chez Flammarion) narre les épopées intimes d’abîmes auxquelles conduit la jalousie. « Pas ni pareil » pour l’ex-Madame Patrick Bruel, Amanda Stears, possédée par Keith Richards, le guitariste des Rolling Stones dans un très groovy Keith Me (Stock). Amour, haine et linge de famille encore pour le Mère et fille, un roman (Albin Michel) d’Eliette Abécassis qui après un Heureux événement, poursuit son analyse des rapports mère-fille. Celles de Sonia et Nathalie… Rykiel peut-être ?


Lectures en vue

Parmi les romans très attendus de cette rentrée, de fidèles habituées… Telles, Amélie Nothomb et Le fait du prince (Albin Michel), son dix-septième roman tiré à 200 000 exemplaires (le record de la rentrée). Un roman dans lequel les inconditionnels de l’auteur suivront les péripéties d’un usurpateur, Baptiste Bordave. Autres femmes, autres genres. Alice Ferney gagne cette année la troisième place du podium des tirages avec les 100 000 exemplaires de son Paradis conjugal (Albin Michel). Une femme sur le point d’être quittée regarde en boucle « Chaînes conjugales », un film de Joseph Mankiewicz. Regard d’amour sur une œuvre singulière ou regard singulier sur l’œuvre amoureuse… Nacré, romancé et subtil à souhait.
A signaler aussi, le retour en librairie de la lauréate du prix Renaudot 2005, Nina Bouraoui avec Appelez-moi par mon prénom (Stock), une histoire d’amour entre une jeune écrivain et son admirateur. Ainsi que celui de la Lauréate du Prix Femina 1989 et du Prix Goncourt des Lycéens 2005 (Magnus), Sylvie Germain qui signe avec L'inaperçu (Albin Michel), un pertinent roman sur la construction de l’identité à travers l’altérité… au sein même de la famille. Gageons enfin, un Brillant avenir (Gallimard) à la déroutante et ambitieuse mère courage de Catherine Cusset.


A venir dans les épisodes 2 et 3 de Bouillon de rentrée : les lettres « premières », « attendues » et « classiques » (2/2). Et les sorties étrangères dans le troisième épisode.