Rapide retour en arrière : quelle image retiendrez-vous de la saison passée ?
Avant tout, celle des cinq dernières journées, avec du suspense, beaucoup de buts et un final haletant, aussi bien en haut qu’en bas du classement.

Depuis, il y a eu l’Euro. Comment avez-vous vécu l’échec de l’équipe de France, puis les débats qui ont eu lieu autour de Raymond Domenech ?
L’échec de l’équipe de France a été une terrible déception, mais c’est un échec collectif. Pas seulement celui du sélectionneur. C’est aussi celui des joueurs, le nôtre. Il s’est produit un vrai choc dans l’opinion et il faut absolument remonter la pente. Pour moi, tout va se jouer en septembre : il faut immédiatement réagir. Mais cela montre qu’il faut changer toute l’organisation de la maison France. La sélection doit fonctionner comme un club, avec un président, un responsable administratif et financier, etc. Cela nécessite une profonde restructuration.

Le mercato a été assez agité. Quel premier bilan en tirez-vous ?
Il s’est en effet passé quelque chose d’extraordinaire. Les clubs retrouvent des couleurs et c’est ce qui me rend optimiste pour la suite. Les clubs ont été rassurés par la renégociation des droits télévisés. Le contrat court désormais sur quatre ans et les clubs ont une bonne visibilité et des ressources garanties sur cette période. Sachant que la Ligue 1 était déjà excédentaire, cela a permis aux clubs d’investir massivement et de conserver leurs meilleurs joueurs. Résultat : 180 millions d’euros déjà investis, soit autant que sur toute la saison dernière. Et le retour des Makelele, Giuly, Mavuba et autres Gourcuff.

Pensez-vous que le resserrement observé l’an dernier puisse s’amplifier cette saison ?
Tout à fait. Derrière Lyon, la concurrence s’organise, que ce soit Bordeaux, Marseille, Paris ou Saint-Etienne. Le niveau est en hausse.

Quels sont vos objectifs pour la saison ?
Il y en a deux principaux. D’abord améliorer nos résultats en Coupe d’Europe. Depuis trois ans, nos performances sont clairement insuffisantes. Nous avons réussi, pour le moment, à conserver notre quatrième place à l’indice UEFA mais en cas de mauvais résultats cette année, nous perdrons une place. Il faut que nos résultats soient bons en Ligue des Champions, mais aussi en Coupe de l’UEFA. Les sept club qualifiés (Lyon, Bordeaux, Marseille, Paris, Saint-Etienne, Nancy et Rennes, ndlr) ont en tout cas de la gueule ! L’autre objectif, c’est la bataille de l’image. Le foot a été beaucoup critiqué, parfois à raison, parfois à tort, mais il faut absolument donner aux gens le meilleur spectacle possible : que les joueurs, les dirigeants, les arbitres et les spectateurs aient le meilleur comportement possible, et produisent du spectacle. C’est tout le sens de la réunion de cette semaine, au cours de laquelle nous avons réuni tous les capitaines, les entraîneurs et les arbitres.

"Arbitrer sans frein à main"

Le message est-il passé ? Pas facile, par exemple, de produire du spectacle quand on est mal classé ou lors des matches à enjeu…
Je pense que le message est passé. Il faut que tout le monde comprenne qu’avec un spectacle de qualité, des comportements exemplaires, nous ferons revenir les familles dans les tribunes, nous gagnerons la confiance des pouvoir publics, et nous attirerons des investisseurs. Il y a là des raisons morales et économiques. Pour la qualité du jeu, les arbitres doivent aussi y contribuer. Les nouvelles consignes vont toutes dans le sens de la libération du jeu. S’il y a doute sur un hors-jeu, on ne lève pas le drapeau. On laisse jouer l’avantage au maximum, on protège les attaquants dans la surface. Comme le dit Marc Batta, il s’agit d’arbitrer « sans frein à main ».

Facile à dire, pas toujours facile à appliquer…
Ce ne sont pas seulement des discours, il y a des mesures concrètes. La poignée de main d’après-match, rendue obligatoire, sera un symbole fort. Désormais, tous les matches seront revus à la vidéo après coup pour faire la chasse aux tricheurs, sanctionner ou disculper un joueur.

Où en sont les réflexions sur un possible bonus pour les équipes offensives ?
Nous avons décidé que nous ne changerions pas le barème. Nous essayons avant tout d’insuffler un nouvel état d’esprit.

A plus long terme, comment améliorer la compétitivité des clubs ?
Il y avait trois chantiers principaux. Celui des droits TV est bouclé. Il nous reste celui des infrastructures, avec un grand projet de rénovation ou de construction de stades, dans la perspective d’organiser l’Euro 2016. Il n’y a pas de grand club sans grand stade. Le chantier avance bien puisque nous en sommes déjà, sur les projets en cours, à 1,5 milliards d’euros d’investissements, soit autant qu’en Allemagne pour la Coupe du Monde 2006. Le dernier chantier ne dépend pas que de nous : il s’agit du chantier législatif et politique, afin d’harmoniser les fiscalités européennes, d’instaurer une DNCG européenne. Pour cela, nous attendons beaucoup du rapport Besson qui doit être présenté en octobre.

Vous avez annoncé que vous seriez candidat à votre propre succession à la tête de la Ligue. Quel est votre programme ?
Oui, j’ai envoyé mon programme à tous les présidents de club, je suis candidat sur un projet qui s’appuie sur deux idées principales : la compétitivité et l’exemplarité. Nous devons gagner deux batailles : la bataille économique et celle de l’image. Je ne peux pas encore tout dévoiler par correction pour les présidents et parce que je leur ai demandé de me donner leur avis, de me rendre leurs observations.

Où serez-vous samedi ?
A Rennes, pour Rennes-Marseille et notamment pour voir les débuts de la retransmission sur Orange, avec 24 caméras Orange et 18 caméras de la Ligue car, c’est une autre nouveauté, la LFP va produire cette saison ses propres images.

Et les répétitions d'opérette dans tout cela?

(rires) Je reprends en septembre, afin de préparer "La princesse de Trébizonde", d'Offenbach, que l'on présentera à la rentrée 2009. Donc, pour le moment, je suis concentré à 100% sur le football !


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