Les ministres européens réunis hier à Cannes ont donné un accord politique unanime au projet de pacte européen pour l'immigration et l'asile élaboré par la France.

"Cet accord autorise la perspective d'une signature à la mi-octobre", lors du sommet européen prévu à Bruxelles, a déclaré au cours de la conférence de presse finale Brice Hortefeux, entouré de ses homologues allemand, espagnol, tchèque et suédois.

Compromis entre bons amis
Privilégier l'immigration de travail, réguler l'immigration familiale et lutter contre les clandestins en renforçant les contrôles aux frontières, et enfin faciliter le renvoi de ceux qui ont réussi à passer entre les mailles du filet : tels sont les objectifs du texte que le ministre de l’immigration et de l’identité nationale était allé lui-même présenter ces dernières semaines à ses partenaires. Et qui constitue l’un des premiers temps forts de la présidence française de l’Union européenne.

« Le pacte ne promeut ni un Europe forteresse, ni une Europe passoire », promet Brice Hortefeux, en réponse à ses détracteurs, qui dénoncent un durcissement de la politique de l’immigration européenne dans la droite ligne de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Après la directive retour, adoptée fin juin par le Parlement européen avec l’appui d’une partie de la gauche, « le pacte » confirme en réalité le consensus qui règne entre les 27 gouvernements des Etats membres de l’UE. Y compris donc l’Espagne puisque après avoir obtenu la suppression du texte du contrat d'intégration et ses obligations imposées aux candidats, un point cher à Paris, Madrid s’est implicitement engagé à ne plus mettre avoir recours aux régularisations massives.