L’horreur est désormais associée à un visage. Celui d’un homme blanc d’une trentaine d’années, maigre et coiffé d’une casquette de couleur claire.
Dimanche, la police londonienne a diffusé le portrait-robot de l’individu qui aurait été vu, dimanche 29 juin, sortant de l’appartement où venait de se dérouler le meurtre sauvage de Laurent Bonomo et Gabriel Ferez.
Un suspect, arrêté samedi, a lui été remis en liberté. Toutefois, l’enquête semble progresser.On sait désormais que les deux étudiants français, âgés de 23 ans, ont été torturés pendant plusieurs heures par le ou les agresseurs qui les avaient ligotés sur des chaises.
Ils ont reçu au total 243 coups de couteau. Selon les premiers éléments de l’enquête, cette sauvagerie pourrait avoir pour mobile un simple vol. Car la piste prioritaire suivie par Scotland Yard est celle d’un cambriolage qui a mal tourné et aurait pu être commis par le même voleur qui, le 23 juin, avait volé l’ordinateur portable de Laurent Bonomo en s’introduisant par la fenêtre de son appartement, situé au rez-de-chaussée d’un immeuble du quartier de Newcross.
Ce jour-là, il avait aussi volé des clefs du studio. Le 29 juin, le voleur est entré sans laisser de traces d'effraction. Il aurait pu surprendre Laurent, seul chez lui, le ligoter, puis surprendre Gabriel lorsqu'il est arrivé. Mais, précise un policier, " il est improbable qu'un homme seul ait pu faire ce carnage. »
Pour expliquer la sauvagerie des blessures, les enquêteurs supposent que les deux garçons auraient pu être torturés jusqu’à ce qu’ils livrent leurs codes de cartes bancaires.
Autre élément troublant : on a retrouvé un bidon du produit inflammable qui a permis d'incendier le studio pour faire disparaître les indices. Ce qui indique un certain niveau de préméditation.
Pour résoudre le mystère, Scotland Yard a déployé les grands moyens : 40 détectives travaillent sur cette l'enquête. Outre le signalement qui a permis d’établir le portrait robot, il dispose d’indices importants : des vêtements d'hommes tâchés de sang ont été retrouvés en dehors du studio et divers éléments biologiques retrouvés dans l’appartement.
Ils comptent surtout sur la traque électronique des objets volés : les téléphones portables, les cartes bancaires – qui auraient été utilisées - et les deux consoles de jeux PSP de Sony, peut-être déjà revendues. Un butin maigre qui pourrait permettre de confondre le ou les tueurs.
Ce week-end, les parents de Gabriel Ferez, venus d’Amiens, ont lancé un appel pour exhorter à la reddition celui ou ceux qui se sont acharnés sur leur fils. Et dimanche soir, la police a dressé des barrages dans tout le quartier de Newcross pour recueillir, à l’heure supposé du crime, d’éventuels nouveaux témoignages.
Scotland Yard est sûr de sa méthode : dans l’agglomération de Londres, plus de 90 % des homicides sont résolus.




































