De la gare de NewCross au centre de Londres, c'est 20 minutes de train. C'est pour cela qu'il y a beaucoup de " jeunes cadres et professions libérales ", pas encore riches, et beaucoup d'étudiants, qui habitent ce quartier difficile et sans aucun charme du sud-est de Londres.

Sterling Gardens, la résidence de maisons de briques rouges où Laurent louait un studio est une " modeste poche de luxe ", comparée aux HLM sociaux de l'autre côté de la rue. Deux mondes séparés par une rue vivent ensemble sans problème mais s'ignorent superbement.

" Il ne se passe jamais rien ici ". C'est l'endroit le plus ennuyeux que je connaisse. J'y dors, c'est tout, " dit Chris, jeune employé de banque qui vient de marcher un kilomètre depuis le métro le plus proche , Canada Water, pour rentrer dans son studio qu'il loue plus de 1000 euros par mois.

Dans ce contexte, la mort atroce des étudiants français est un choc. " Ce genre d’histoire arrive dans mon pays, mais pas en Angleterre " explique Christine, une journaliste brésilienne qui était la voisine de palier de Laurent Bonomo, l'un des deux étudiants sauvagement assassinés.


Pourtant la montée de la violence à Londres est bien réelle. Depuis le début de l’année, il y a eu 18 jeunes tués dans les rues de la capitale anglaise, presque tous par arme blanche.