La prise de risques, le jeu vers l’avant, l’art du mouvement. Telle est la recette gagnante de l’Euro qui s’est achevé dimanche par la victoire de l’Espagne. Avec le succès de la Furia roja, c’est une certaine philosophie du jeu qui a été couronnée, celle du beau jeu qui a fait son retour au cours d’une compétition qui a donné pour une large part la prime à l’offensive. Une bonne bouffée d’oxygène après le triomphe des Grecs en 2004, voire des Italiens en 2006, qui s’étaient imposés dans un style… souvent très ennuyeux.

La rigueur ne suffit plus

“Ils (les Russes) ont le souci d’aller tout de suite vers l’avant. Avec eux, je voudrais mentionner les Pays-Bas qui ont eu cette envie.” Dans L’Equipe de mardi dernier, Wen­ger, fervent adepte du football offensif avec Arsenal, avait, malgré quel­ques réticences, loué la qualité technique et la prise de risques des équipes comme la Russie et les Pays-Bas qui ont éclaboussé la compétition par un jeu créatif, riche et spectaculaire. On peut y ajouter l’Espagne, voire l’Alle­ma­gne, équipes qui ont toutes atteint les quarts de finale. Preuve que cette année, s’il n’y a pas eu de révolution tactique, la prime était à l’offensive. Derrière des schémas de jeu libre, les Hiddink, Aragones ou Van Basten ont su donner à leurs artistes toute la latitude pour exprimer leurs qualités techniques et laisser libre cours à leur imagination. Si l’Espa­gne et les Pays-Bas sont animés depuis toujours d’une culture d’attaque, la Russie, elle, a baigné dans le football total, importé des Pays-Bas par Hiddink. Aujour­d’hui, la tendance semble au changement et la révolution est en marche. La rigueur ne suffit plus pour gagner. On dit souvent que la réussite sourit aux audacieux. De quoi faire méditer l’Italie et la France qui, cadenassées dans des systèmes rigoureux, ont quitté la compétition prématurément.