25-06-2008 22:55
Le prof gifleur craint le retour de bâton
800 euros d’amende requis contre le prof de Berlaimont

José Laboureur lors de son procès
Photo : afp
José Laboureur est un homme méticuleux. « J’aime que les tables soient bien alignées et dans ma classe, les enfants ne se balancent pas sur les chaises », a-t-il expliqué à l’audience. Il a ensuite raconté le déroulé de l’incident qui l’a amené, ce lundi matin, à gifler le jeune Alexandre, 11 ans, qui l’avait traité de « connard ». Ce professeur de technologie bien noté par sa hiérarchie reconnaît une « erreur » mais dit s’être comporté en « père de famille » face à un « outrage » qu’il n’avait jamais subi « en vingt-neuf ans de carrière ».
A un témoin cité par la partie civile, l’un des avocats de José Laboureur lancera : « Qu’auriez-vous fait si votre fils vous avait regardé dans les yeux comme je le fais et vous avez dit ‘connard’ ? ». L’officier de police, qui avait placé l’enseignant en garde-à-vue à l’époque des faits, n’a pu s’empêcher de sourire avant de rétorquer : « Mon fils, je l’éduque correctement, il ne me dit jamais connard ». Sa réponse a déclenché les rires d’une salle comble, largement acquise à la cause du professeur. Alexandre et ses parents, eux, étaient absents.
Une « scène de violence »
Alors la partie civile s’est employée à effriter l’image de cet enseignant qu’elle ne juge pas si irréprochable. Concernant les faits d’abord, Me Riglaire s’est appuyé sur des témoignages d’élèves présents dans la classe pour insister sur la « scène de violence ». Selon lui, Alexandre, un élève sans histoire, a été « balancé contre le mur » puis « traîné par terre ». Il veut « rétablir la vérité » et fait valoir l’inégalité du rapport de force entre ce « gamin d’1m46, 31 kilos et ce grand gaillard d’1m90 ».
Que le père du garçon, un gendarme, soit allé porter plainte le jour même, en uniforme, n’a, selon lui, joué aucun rôle dans les suites données à l’affaire. Quant à la personnalité de l’enseignant, on a largement évoqué son problème avec l’alcool, son absentéisme en cours et ses démêlés avec la justice : l’arrestation pour conduite en état d’ivresse en février dernier, les plaintes de son ex-femme à la suite de leur séparation, et puis cette ancienne affaire qui a bénéficié d’une amnistie. En juin 1990, rappelle le procureur de la République Bernard Beffy, José Laboureur a été poursuivi pour attentat à la pudeur après avoir insulté et forcé une jeune femme à des caresses.
Pour Bernard Beffy, l’enseignant aurait pu s’en tenir à une procédure de plaider-coupable, à huis-clos. En choisissant l’audience publique, José Laboureur a selon lui accepté d’être « l’instrument d’une médiatisation » autour « du malaise des enseignants », alors que « son collège n’est pas un établissement difficile » et qu’il n’a fait que céder à un « caractère impulsif ». Dans cette histoire, finalement, tout le monde semble s’être emballé.
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