Le climat dans le secteur de la pêche est morose. Depuis quelque temps, celle-ci est sur les devants de la scène médiatique : fermeture de la pêche au thon rouge, discussions sur la lutte contre son exercice illégal au Conseil des ministres européens de la pêche, grève des marins contre un gazole trop cher ou encore remise en cause des évaluations scientifiques et des quotas. Les pêcheurs français se sentent agressés par la Commission européenne, par les scientifiques ou encore par les ONG environnementales. Comment en est-on arrivé là ?
Lors de la mise en place de la politique commune des pêches (PCP, l’équivalent de la PAC pour la pêche), cette activité a été considérée comme une production à l’instar de l’agriculture. Ainsi, les Etats européens ont favorisé le développement de navires plus grands et d’engins de pêche toujours plus performants dans le but d’augmenter le volume des produits de la mer débarqués. Malheureusement, ce n’est qu’après que l’Union européenne s’est souciée de savoir si les populations d’espèces marines étaient capables de subir une telle pression. On a pris le problème à l’envers. La pêche n’est pas une production mais une activité de cueillette. Nous prélevons des organismes sauvages dans un milieu où nous ne maîtrisons rien. Il aurait donc fallu s’intéresser aux écosystèmes marins avant de demander aux pêcheurs d’investir massivement dans des moyens de production considérables et très gourmands en énergie. La prise en compte de l’état des populations de poissons est primordiale et l’adaptation de la flotte française à ces dernières est nécessaire.
Grâce à l’augmentation de la valorisation de ses produits, grâce aussi à une rentabilité retrouvée et à la préservation de l’environnement, la pêche française pourra devenir durable, préservant un grand nombre d’emplois. Il est temps que toutes les parties intéressées (pêcheurs, autorités publiques, scientifiques et société civile) se réunissent pour partager un constat commun et fixer les objectifs à long terme de ce que sera la pêche française de demain.
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Mis à jour 25-06-2008 19:17
Une autre pêche, c’est encore possible
Par Charles Braine, chargé du programme pêche durable, WWF France

Charles Braine, chargé du programme pêche durable, WWF France Photo : DR
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