Les bonnes marchandises se passent de publicité”, dit un proverbe chinois. Mais dans notre chaos quotidien où une info chasse l’autre, la publicité peut-elle servir à mieux informer les Français ? C’est le pari du gouvernement qui lance aujourd’hui une campagne massive pour faire la réclame des mesures adoptées depuis un an en faveur du pouvoir d’achat. A la manœuvre, le publicitaire Thierry Saussez. Le nouveau patron du service d’information du gouvernement constate que les Français ont du mal à “imprimer”. Les aides aux étudiants salariés, la défiscalisation des heures sup, la caution logement resteraient largement inconnues du grand public selon les sondages.
Pour Nicolas Sarkozy, il y a urgence : la question du pouvoir d’achat, et notamment l’explosion du prix du gazole, plombe durablement le portefeuille des Français, le moral des ménages... et sa cote de popularité. C’est en partie injuste : comme il le rappelle à la première occasion, ce n’est pas de sa faute si le prix du baril a été multiplié par deux depuis son élection. Sans parler de la crise des subprimes.
Mais la responsabilité de Nicolas Sarkozy, c’est peut-être d’avoir laissé les Français croire que la volonté politique pouvait à elle seule déplacer des montagnes. Que la parole politique serait rapidement suivie d’effets. Que son élection provoquerait un choc de croissance... Et une promesse de sa campagne résonne encore dans les oreilles des Français : “Je serai le président de l’augmentation du pouvoir d’achat.” Cette intuition politique du candidat s’est transformée en bombe à retardement pour le Président. Les réformes structurelles engagées ne produiront pas d’effets moteurs pour la croissance de l’économie nationale avant – au mieux – la fin de l’année. Alors que la promesse du candidat a suscité des attentes de court terme impossibles à satisfaire.
Faute de pouvoir financer de nouveaux coups de pouce, notamment pour les ménages les plus modestes étranglés par la hausse du prix à la pompe, car “les caisses sont vides”, et après des mois de pédagogie politique infructueuse (Nicolas Sarkozy a avoué une “erreur de communication totale” sur le paquet fiscal), le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’appeler à la rescousse les techniques du marketing pour expliquer sa politique aux Français. Mais qui peut croire que la pub réussira là où la politique a échoué ?












































