“Il y a trente ans, le trafic des espèces était plus difficile, mais avec Internet, n’importe qui peut acheter n’importe quoi, n’importe quand”, explique le colonel Thierry Bourret, de l’Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique). Un exemple de ce nouveau marché : le trafic d'animaux dangereux revendus sur la Toile, démantelé  fin mai par l’office.

Des vipères dans la cave
A Limoges, dans le jardin et le sous-sol d'un pavillon, ses  membres ont répéré un élevage d'espèces protégées et dangereuses : des serpents à sonnette, des vipères du Gabon, des caïmans de plus d’un mètre de long... de quoi donner des cauchemars aux voisins ! Les gendarmes recherchent maintenant les clients, afin de les mettre en garde sur la dangerosité de leurs achats.

450 000 euros le manteau
“Les dossiers concernant des animaux sont récurrents, souligne le colonel. Le trafic d’espèces animales protégées ou non, mortes ou vivantes, est en effet une activité lucrative : “Un manteau en peau de chat sauvage afghan vaut 450 000 euros”, poursuit-il. Un trafic de chiens (sans vaccin, et parmi lesquels il y avait des molossoïdes — chiens de grosse taille), sur lequel l’office a enquêté, représentait un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros.

La coopération internationale

De plus, les risques de détection et parfois même les sanctions encourues sont faibles. La coopération internationale est souvent indispensable dans ces affaires. Un trafic de grenouilles arboricoles a récemment été démantelé et un lot de corail vivant découvert, grâce à une signalation du Brésil.